J'aime pas les saisons d'ici. Y a jamais rien qui change durablement, rien à espérer que de dérouler une corde que d'autres ont enroulée pour nous, rien qui vaille la peine de se battre. On gagne jamais, on attend que ça se passe.

À lire aussi de Franck Bouysse

Il lui avait au moins appris cela, que tourner le dos à un regard qu'on n'a pas satisfait est bien pire que de continuer de l'affronter.
Tant de fois il a rêvé d’ailleurs, au fil des pages froissées dans de fiévreuses nuits dévalant des jours sans frissons.
Les élèves m'attendent. Je leur parle des gymnospermes, des moins évoluées aux plus évoluées, des spores qui préparent le terrain pour les graines des angiospermes. Faire comprendre que l'évolution est une succession de hasards, que la nature n'a rien à faire de la nécessité, que rien n'est nécessaire. La nature ne fait que s'accommoder, sans jamais rien décider.
C'est un drôle de cadeau, la vie... ça se refuse pas, n'empêche, on se demande parfois si y aurait pas mieux à faire que de l'ouvrir sans savoir ce qu'il y a dedans.
Gus adorait quand ils étaient assis au coin du feu et que la mémé lui racontait des histoires anciennes venues de son passé à elle, qu’il n’avait pas connu et qui la rendait plus souvent triste que joyeuse. Gus ne s’y trompait pas à l’époque. Et ses silences. Des silences qui le calmaient comme rien n’avait jamais pu le faire aussi bien depuis. Il lui disait alors qu’elle était une fée pleine de rides et elle répondait en souriant qu’elle n’en était pas une, que les fées étaient toujours belles et jamais vieilles, que c’était à ça qu’on les reconnaissait.
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J'aime pas l'hiver qui se balade sous les vêtements et qui te crevasse les mains, j'aime pas le printemps qui te baratine en te promettant monts et merveilles, j'aime pas l'été qui déverse des nuées de bestioles et qui brûle les promesses, et j'aime pas non plus l'automne qui repeint le décor avec des belles couleurs pour le supprimer après. J'aime pas les saisons d'ici.
Moi, je trouve suspect de te forcer à apprendre des phrases entières de ta Bible. Enfin, je suppose que c'est pratique pour avoir une réponse à tout ce qui se présente.
On ne s’est pas dit grand-chose ce jour-là, mais je voyais plus que toi, même quand je regardais ailleurs.
Il en vient à considérer que tout homme est fait pour aller au-devant du mystère, que l’immobilité ne vaut rien, qu’elle ne sert qu’à assassiner les pulsions de vie.
Tant de fois il a rêvé d’ailleurs, au fil des pages froissées dans de fiévreuses nuits dévalant des jours sans frissons.