Les goûts touchent à la fois aux plaisirs et aux études ; plus sérieux que les uns, plus légers que les autres, ils tiennent le milieu entre les distractions et les passions. Ils ne remplissent pas la vie, mais ils en remplissent les moments de loisir ou de vide; je les comparerais volontiers à des intermèdes. Ils nous délassent de nos travaux ; ils nous initient aux travaux des autres et ouvrent notre esprit et nos yeux aux beautés naturelles, aux beautés de l'art, au mérite des œuvres d'industrie. Il y a des goûts intellectuels : il y en a d'autres qui sont physiques et comme matériels. Tel est, dans la première classe, le goût de la musique, ou de la peinture; tel est, dans la seconde, le goût du jardinage, le goût des travaux manuels, le goût des exercices corporels.

À lire aussi de Ernest Legouvé

Que dirons-nous donc de nos usages ? Il n'y a plus de fiançailles, il y a des accords. Il n'y a plus de fiancé, il y a des futurs. A peine l'engagement est-il pris qu'on se précipite vers la réalisation , comme si tous ces gens n'étaient travaillés que d'une crainte, celle de se connaître !
Qui n'apprend pas à voir ne voit pas.
Malheur donc aux parents qui usent de leur irrésistible ; ascendant moral pour imposer à leur fille un mari qui lui déplaît; sur eux retombe la responsabilité de ses fautes !
La chasse endurcit les muscles, elle n'endurcit pas le coeur. Les chasseurs ne sont ni moins affectueux, ni moins sensibles que les autres hommes.
Si vous frappez un enfant par colère, vous perdez tout empire sur lui, on ne règne sur les âmes que par le calme.
Toutes les citations de Ernest Legouvé →

Dans la même œuvre

Elever un enfant c'est lui apprendre à se passer de nous.
Si l'on appelle imagination la faculté d'animer tout ce qui nous environne, de créer autour de nous un monde de fictions dont nous sommes charmés sans en être dupes ; de métamorphoser la réalité d'un coup de baguette et de rendre beau ce qui est laid, sensible ce qui est inerte, éloquent ce qui est muet, vivant ce qui est mort, si, dis-je, on donne à cette singulière puissance créatrice le nom d'imagination, on peut dire qu'un enfant de cinq ans a plus d'imagination que les plus grands poètes.
Mme Nacker de Sausure, dans un ingénieux chapitre de l'éducation progressive, a merveilleusement décrit l'aptitude des enfants à transformer une chaise en un carrosse, une poupée sans tête en une petite fille, et le sable du jardin en mille objets variés ; leur vie ressemble à une fiction.
Le self-government me paraît le but principal de l'éducation ; élever un enfant, c'est lui apprendre à se passer de nous, et tout selon moi doit tendre à remettre au plus tôt, et le plus souvent possible, à l'élève les rênes de lui-même ; help on yourself, compte sur toi.
Quelle règle convient-il donc de suivre dans cette grande question des jeux de l'enfance ? Le jeu forme les trois quarts de leur vie. Faut-il les y abandonner aux seules ressources de leur imagination ? Faut-il les forcer à se tirer d'affaire et les laisser s'amuser seuls, ou bien est-il bon au contraire, là comme ailleurs, de leur ouvrir la voie, de leur tendre la main, de leur apprendre à inventer ? Le problème est des plus difficiles. On ne peut nier d'une part que les enfants n'aient en eux les plus ingénieuses et les plus fécondes ressources d'amusement. Qui de nous ne s'est arrêté à contempler un enfant assis à terre et passant des heures entières à creuser dans le sable un trou sans objet, sans forme, sans fin (car il le recreuse toujours), et attaché à cet ouvrage comme Archimède à son problème. Que fait-il ? A quoi songe-t-il ? Que se passe-t-il dans sa tête ?Nul ne peut le dire; lui-même ne le pourrait pas. Ces heures, pourtant, se sont écoulées pour lui avec cette rapidité légère dont le mot jeu est synonyme, et il a joué tout seul. Mais d'un autre côté, qui n'a pas vingt fois pris en pitié les regards de détresse et l'attitude mélancolique d'enfants réunis pour s'amuser, et ne pouvant trouver d'amusement ?.