Les garçons sont toujours plus beaux en pleine activité, quand ils oublient la présence des filles.

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J'avais pensé, alors, que la vie allait s'étendre devant moi, dans toutes les directions. Et qu'à l'heure de la boule dans le sein, même si je n'avais que quarante-neuf ans, je serais prête.
J'ai compris à cet instant que ce qu'on dit est vrai - on peut vraiment sentir le regard d'un garçon posé sur soi.
Jusque-là, la vie avait exaucé tous mes voeux : cheveux longs, grands yeux bleus, joues roses, peau bronzée, sourire resplendissant, belle poitrine, et petit cabriolet rouge.
Elle se demandait à quoi pouvait ressembler septembre pour qui ne travaillait pas dans l'enseignement. Se trouvait-on épargné par la mélancolique réminiscence de ce mois-là ? Si oui, ce devait être comme de sécher un des douze travaux d'Hercule ; on ne coupait pas certes au bourdon de Noël, mais au moins n'avait-on pas à revivre la fin de toutes les grandes vacances de sa vie, cette triste prise de conscience de sa propre mortalité, quand une fois encore, année après année, les enfants envahissaient votre univers avec leurs pulls neufs et leurs crayons bien taillés. Non, supposait-elle, nul ne devait y couper. Ce calendrier se gravait de si bonne heure dans le psyché de chacun. Personne n'échappait au caractère funeste de septembre.
Elle se souvint alors qu'elle avait eu l'impression, le regard baissé sur le visage inexpressif de sa mère défunte, que cela pouvait se produire. S'échapper de son corps. Que le corps était une manière de cage. Que le moi, l'âme, ne vivait pas en cage. Que ne pas avoir de cage était le but, atteint dans la mort.
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Jusque-là, la vie avait exaucé tous mes voeux : cheveux longs, grands yeux bleus, joues roses, peau bronzée, sourire resplendissant, belle poitrine, et petit cabriolet rouge.
Les garçons sont toujours plus beaux en pleine activité, quand ils oublient la présence des filles. Suant durant un match de base-ball. Traversant un terrain de football américain en courant, ballon sous le bras.
Les filles sont toujours belles dans les moments où elles se pavanent, prennent la pause, se montrent. Comme cette rangée de Miss America, sourire aux lèvres.
Les filles sont toujours belles dans les moments où elles se pavanent, prennent la pause, se montrent.
Greg était aussi laid que certains chiens, repoussants au point qu'on ne peut pas s'empêcher de les caresser, de fondre devant leur truffe humide, leurs gencives noires qu'ils découvrent en grognant, les traits aplatis de leur gueule. Ces chiens que leurs propriétaires appellent toujours par un petit nom affectueux (Bing, Princess, Missy). On en voit partout, on dirait qu'ils ont été inventés uniquement pour nous donner quelque chose de laid à apprécier.