Sauf durant les seize premières années de sa vie, où la religiosité, dans un milieu chrétien, était inévitable, M. l'abbé de Pradts n'avait jamais cru en Dieu. Son esprit n'avait pas besoin d'un Dieu ; son coeur n'avait pas besoin d'un Dieu. Le surnaturel était un monde qui lui était aussi fermé que celui des sciences, par exemple, ou celui de l'économie politique : le naturel le comblait largement. Selon lui, les hommes avaient inventé Dieu, parce que la grande majorité en avait besoin, de tête ou de coeur ; ce besoin était, selon lui, une des caractéristiques les plus communes de la faiblesse humaine. Ensuite ils avaient travaillé sans répit tant pour donner un sens à cette invention, que pour lui donner du prestige, afin de n'avoir pas honte d'elle, qui avouait si cruellement leur débilité. Comme ils étaient capables, toujours, du meilleur et du pire, ils avaient construit sur cette idée de Dieu, chacun dans son pays et dans son époque, un système plein de beautés et d'absurdités, en partie admirable, en partie risible, en partie odieux, duquel ils tiraient toutes sortes d'actes allant eux aussi de l'admirable à l'odieux, en passant par le risible. De ces édifices construits sur des nuées, le plus important était sans doute le catholicisme. Telles étaient les vues de M. l'abbé de Pradts, qui ne prétendaient ni à l'originalité ni à la profondeur.
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Les fruits et les femmes ne sont bons que lorsqu'ils tombent.
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À lire aussi de Henry de Montherlant
Lorsqu'on a rien à dire aux êtres, la plaisanterie occupe et déguise l'indifférence.
Les pires ennemis d'un homme, ce sont ses compatriotes.
Toujours, quand l'affection commence, le drame commence.
La Bêtise ne consiste pas à n'avoir pas d'idées; cela, c'est la Bêtise douce et bienheureuse des animaux, des coquillages et des dieux. La Bêtise humaine consiste à avoir beaucoup d'idées, mais des idées bêtes.
Dans la même œuvre
Pourquoi est-ce cinq minutes seulement avant l'heure du rendez-vous que l'on comprend enfin que l'objet attendu ne viendra pas ?
La femme n'aime pas l'homme beau ; elle n'aime que le gorille.
Que peut donner une femme qui ne veut pas se donner elle-même ?
Les femmes trompent pour cacher ce qu'elles éprouvent, les hommes pour montrer ce qu'ils n'éprouvent pas.
C'est par ses passions qu'on est sauvé.