On ne voit pas, on n'imagine pas les ombres qui traversent le coeur d'une adolescente, sagement penchée sur un livre écrit par une jeune femme à peine plus âgée qu'elle, Emily Brontë, Les Hauts du Hurlevents. Tu me parles souvent de ce livre, de cette lecture secrète faite au grand jour de tes seize ans. Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnaient pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière.
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Les feuilles tombées du tilleul se recroquevillent comme un coeur se resserre autour du souvenir de ce qu'il a perdu.
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À lire aussi de Christian Bobin
D'ailleurs, il n'y a pas de saint, il n'y a que de la sainteté. La sainteté c'est la joie. Elle est le fond de tout.
Celui qui attend est comme un arbre avec ses deux oiseaux, solitude et silence. Il ne commande pas à son attente. Il bouge au gré du vent, docile à ce qui s'approche, souriant à ce qui s'éloigne.
C'est fou ce qu'on peut dire comme bêtises pour retenir les gens - et c'est fou comme les gens croient aux bêtises qu'on leur dit.
La vérité est sur la terre comme un miroir brisé dont chaque éclat reflète la totalité du ciel.
Dans la même œuvre
Il y a parfois entre deux personnes un lien si profond qu'il continue de vivre même quand l'un des deux ne sait plus le voir.
Ce n'est pas sa beauté, sa force et son esprit que j'aime chez une personne, mais l'intelligence du lien qu'elle a su nouer avec la vie.
Je n'aime que les écritures dont l'auteur a été arraché au monde, pour quelque raison que ce soit: une douleur infinie, une joie sans cause ou simplement le sentiment d'être un étranger sur la terre.
Nous devrions rendre grâce aux animaux pour leur innocence fabuleuse et leur savoir gré de poser sur nous la douceur de leurs yeux inquiets sans jamais nous condamner.
L'ennui prépare l'émerveillement, comme on déploie une nappe blanche sur la table, les jours de fête.