Le sukiyaki est un ragoût dont on connaît et reconnaît tous les éléments, puisqu'il est fait devant vous, sur la table même, sans désemparer, pendant que vous mangez.

À lire aussi de Roland Barthes

Si paradoxal que cela puisse paraître, le mythe ne cache rien: sa fonction est de déformer, non de faire disparaître.
J'en viens à me demander si la belle et touchante iconographie de l'abbé Pierre n'est pas l'alibi dont une bonne partie de la nation s'autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice.
D'une certaine manière - paradoxe exorbitant du langage -, dire je-t-aime, c'est faire comme s'il n'y avait aucun théâtre de la parole, et ce mot est toujours vrai (il n'a d'autre référent que sa profération: c'est un performatif).
Je t'aime est sans nuances. Il supprime les explications, les aménagements, les degrés, les scrupules.
Il semble parfois au sujet amoureux qu'il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s'expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d'autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
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Dans la même œuvre

Le Bunraku, lui (c'est sa définition) sépare l'acte du geste: il montre le geste, il laisse voir l'acte, il expose à la fois l'art et le travail, réserve à chacun d'eux son écriture.
Sur le côté, une estrade reçoit les musiciens et les récitants; leur rôle est d'exprimer le texte (comme on presse un fruit).
Qu'est-ce donc que notre visage, sinon une citation?