Il semble parfois au sujet amoureux qu'il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s'expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d'autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.

À lire aussi de Roland Barthes

Il me vient alors cette exaltation d'aimer à fond quelqu'un d'inconnu, et qui le reste à jamais: mouvement mystique: j'accède à la connaissance de l'inconnaissance.
Sur le côté, une estrade reçoit les musiciens et les récitants; leur rôle est d'exprimer le texte (comme on presse un fruit).
Passé le premier aveu, je t'aime ne veut plus rien dire. Il ne fait que reprendre d'une façon énigmatique, tant elle paraît vide, l'ancien message (qui peut-être n'est pas passé par ces mots).
Il y a une affreuse parodie du jump, c'est le dopage: doper le coureur est aussi criminel, aussi sacrilège que de vouloir imiter Dieu; c'est voler à Dieu le privilège de l'étincelle.
Le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique.
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Dans la même œuvre

Je t'aime est sans nuances. Il supprime les explications, les aménagements, les degrés, les scrupules.
Ce que cache mon langage, mon corps le dit, ... Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé...
De tous les plis du corps, j'ai envie de dire qu'ils sont adorables.
Dans un roman d'amour, je n'ai jamais lu qu'un personnage soit fatigué.
La bêtise, c'est d'être surpris.