Le public m'identifie beaucoup à mes rôles de râleurs, je ne peux rien y faire. Mais ça ne veut pas dire que je dois être d’accord ou me conformer à cette image. Les gens trouvent que je joue toujours la même chose? Tant mieux pour eux! Je pourrais leur prouver le contraire. Mais j’ai franchement autre chose à foutre. Je connais la névrose des gens, à vouloir tout ranger dans un tiroir. Donc rien d’extraordinaire, il y a des clichés sur moi comme il y en a sur tous les sujets.

À lire aussi de Jean-Pierre Bacri

Je ne compte pas exposer ma sénilité aux gens. Il faut savoir se barrer pour conserver une dignité.
J’ai toujours été motivé par l’idée que certains puissent se laisser pénétrer par un point de vue. C’est ce qui m’est arrivé avec l’art dramatique. A notre petit niveau, il suffit qu’un seul soit touché par ce que l’on défend pour que ce soit mon plus beau cadeau.
Pour moi, toute bonne comédie est politique. Sous ses airs de joyeuse comédie chorale, Le Sens de la fête est un grand film sur la France. Une métaphore pour consoler la France des attentats et nous rappeler que, si on est tous différents, parfois un peu cons, un peu bizarres, eh bien, on n’a pas le choix, on doit fonctionner tous ensemble.
Je n'aime pas du tout cette tendance à se dévaloriser en permanence. Je trouve qu'on devrait régulièrement se comparer aux autres. Qu'on me cite dix pays où on vit mieux et plus librement qu'en France. Où il y a autant de démocratie, de sécurité sociale, d'éducation gratuite. Des leaders d'opinion diffusent en permanence ce déclinisme. Des oiseaux de mauvais augure.
En général, c'est la qualité d'écriture qui me décide à accepter un film. Et je dois avouer qu'il y a eu des propositions de génies du cinéma que j'ai refusées parce que je n'aimais pas le scénario. Je ne me fonde pas sur la réputation du metteur en scène. Pour être vraiment sincère, je n'accepte que ce que je me sens capable de jouer.
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Les pédants habitent à la télé, on a l’impression que c’est leur appartement tellement on les voit. Il y a des milliards de Trissotin, de gens qui ont tout compris, qui savent tout mieux que tout le monde. Ce sont surtout les vedettes, les philosophes, les chroniqueurs qui ont la science infuse, contrairement aux autres qui n’ont rien compris.
J’aime mon métier, tout simplement. S’il fallait que je le fasse seulement quand je m’écris des rôles, je ne bosserais pas beaucoup. Alors je travaille. J’ai le luxe financier depuis au moins Cuisine et Dépendances (1993) de pouvoir être exigeant dans mes choix. Je lis un scénar. Il me plaît, il me fait rire, il m’intéresse ; j’y vais. Je ne cherche pas à savoir si ça change ou pas, si je me «mets en danger» ou quoi que ce soit…
J’aime mon métier, tout simplement. S’il fallait que je le fasse seulement quand je m’écris des rôles, je ne bosserais pas beaucoup.
Le public m'identifie beaucoup à mes rôles de râleurs, je ne peux rien y faire. Mais ça ne veut pas dire que je dois être d’accord ou me conformer à cette image.
Il y a des clichés sur moi comme il y en a sur tous les sujets. Je n’ai jamais aimé jouer les héros. Les gars très sympathiques et merveilleux à qui le monde fait des misères, je trouve ça abject. Ça n’existe pas. Pour moi, l’être humain est hyper faillible et vulnérable. Je trouve ça dégueulasse de faire croire aux gens que le monde est binaire. Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre… Ça ne m’intéresse pas, c’est toujours la même chose. Je cherche des personnages humains. Pour certains, quand on n’est pas en train de sourire tout le temps, on est un rabat-joie. Eh bien, soit!