Le public m'identifie beaucoup à mes rôles de râleurs, je ne peux rien y faire. Mais ça ne veut pas dire que je dois être d’accord ou me conformer à cette image.
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En général, c'est la qualité d'écriture qui me décide à accepter un film. Et je dois avouer qu'il y a eu des propositions de génies du cinéma que j'ai refusées parce que je n'aimais pas le scénario. Je ne me fonde pas sur la réputation du metteur en scène. Pour être vraiment sincère, je n'accepte que ce que je me sens capable de jouer.
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La mort est simplement le dernier mot du contrat qu'on a tous signé. Donc il ne faut pas s'en faire : la mort, c'est la vie.
Il y a des clichés sur moi comme il y en a sur tous les sujets. Je n’ai jamais aimé jouer les héros. Les gars très sympathiques et merveilleux à qui le monde fait des misères, je trouve ça abject. Ça n’existe pas. Pour moi, l’être humain est hyper faillible et vulnérable. Je trouve ça dégueulasse de faire croire aux gens que le monde est binaire. Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre… Ça ne m’intéresse pas, c’est toujours la même chose. Je cherche des personnages humains. Pour certains, quand on n’est pas en train de sourire tout le temps, on est un rabat-joie. Eh bien, soit!
Je n’ai juste pas envie qu’on me foute dans un musée. Être un « classique », ça ne m’intéresse pas. Je bouge, je change… Je suis un être humain avec ses contradictions. Je dis un truc puis le contraire…
Pour moi, toute bonne comédie est politique. Sous ses airs de joyeuse comédie chorale, Le Sens de la fête est un grand film sur la France. Une métaphore pour consoler la France des attentats et nous rappeler que, si on est tous différents, parfois un peu cons, un peu bizarres, eh bien, on n’a pas le choix, on doit fonctionner tous ensemble.
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J'aime être un menteur réussi. Jouer et être cru, c'est quelque chose d'un peu enfantin. Comme quand on voit une peinture et qu'on dirait une photo.
La mort est simplement le dernier mot du contrat qu'on a tous signé. Donc il ne faut pas s'en faire : la mort, c'est la vie.
Même si les gens ont l'habitude de regarder des films sur des tablettes, des ordinateurs ou des téléviseurs, cela ne les empêchera pas d'aller au cinéma. Et si un jour on s'aperçoit que les cinémas sont vides, il faudra s'y faire. Il n'y a plus, non plus, de fiacres et de cochers.
On est toujours content d'être distingué. On sait bien que c'est un peu stupide. C'est comme si on disait : les peintres nominés sont Van Gogh, Matisse et Rembrandt ! Tout ça est une question de goût. Je vois donc bien la limite de ces prix mais on ne peut pas s'en empêcher, notre vanité est flattée.
Je n'aime pas du tout cette tendance à se dévaloriser en permanence. Je trouve qu'on devrait régulièrement se comparer aux autres. Qu'on me cite dix pays où on vit mieux et plus librement qu'en France. Où il y a autant de démocratie, de sécurité sociale, d'éducation gratuite. Des leaders d'opinion diffusent en permanence ce déclinisme. Des oiseaux de mauvais augure.