Le paradoxe est aimé des romanciers. Le sauveur méprisé, la prostituée humaine, l'homme égoïste soudainement généreux, le fou sage et le héros lâche. La plupart des écrivains passent leur vie à écrire sur la malice inattendue de la vertu supposée vertueuse, et inattendu dans la soi-disant péché.

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Tout en aspirant sincèrement à faire fortune, Schindler était un agent de l'Abwehr, le service de renseignement de l'armée allemande, arrangement qui lui permit d'échapper à la conscription.
Une des choses que la Shoah avait apprises à ses survivants - ainsi que l'expérience d'être un Shindlerjude - était une grande flexibilité professionnelle. ils étaient prêt à faire n'importe quoi pourvu que ça leur garantisse un espace où respirer librement sur cette terre.
Son débat intérieur était aussi absurde que celui du jeune homme qui se demande s'il doit aller faire une proposition à la fille dont il est éperdument amoureux. Une fois qu'il a pris sa décision, il n'en est pas plus avancé pour autant. Il faut encore passer à l'acte.
Stern affirmait que jusqu'à vingt mille prisonniers juifs avaient été sauvés par l'initiative de Schindler en Moravie.
Le destin, philosophait papa Schindler, n'était pas un fil qu'on pouvait dérouler indéfiniment. C'était plutôt comme un boomerang qu'on lançait de plus en plus loin jusqu'au jour où il vous revenait en plein sur la tronche.
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Le spectacle de ces femmes tirant sur les câbles et se piétinant ne l’embarrassait nullement. Ici, comme dans la rue Krakusa, la question était de savoir : qu'est-ce qui pouvait bien mettre les SS dans l'embarras ? Qu'est-ce qui pouvait bien embarrasser Amon Goeth ?
Dans le climat émotionnel du ghetto, on s'accrochait à ce qu'on voulait croire.
Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c'était le bien absolu. C'était la vie. Au-delà de ces quelques feuillets bourrés de noms, il n'y avait plus qu'un trou noir.
Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c'était le bien absolu. C'était la vie.