Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c'était le bien absolu. C'était la vie.
❧
Le paradoxe est aimé des romanciers. La plupart des écrivains passent leur vie à écrire sur la malice inattendue de la vertu supposée vertueuse, et inattendu dans la soi-disant péché.
◆
À lire aussi de Thomas Keneally
Les wagons à bestiaux devenaient le symbole de leur nouvelle condition.
Des millions de personnes à travers l’Europe, les habitants du ghetto de Cracovie, comme tant d’autres, comme Oskar lui-même, durent, à cette époque, ajuster leur vision du monde et se faire à l’ide que Belzec, et d’autres camps semblables, cachés au milieu des forêts polonaises, faisaient désormais partie de leur univers.
J'ai été sauvé, et ma femme a été sauvée, par un nazi. J'étais un juif emprisonné avec des juifs. Et c'est un nazi qui m'a sauvé et, plus important, qui a sauvé Misia, à cette époque ma jeune épouse. Alors, même si c'était un nazi, pour moi c'était Jésus-Christ.
Le destin, philosophait papa Schindler, n'était pas un fil qu'on pouvait dérouler indéfiniment. C'était plutôt comme un boomerang qu'on lançait de plus en plus loin jusqu'au jour où il vous revenait en plein sur la tronche.
Dans la même œuvre
Le paradoxe est aimé des romanciers. Le sauveur méprisé, la prostituée humaine, l'homme égoïste soudainement généreux, le fou sage et le héros lâche. La plupart des écrivains passent leur vie à écrire sur la malice inattendue de la vertu supposée vertueuse, et inattendu dans la soi-disant péché.
Le spectacle de ces femmes tirant sur les câbles et se piétinant ne l’embarrassait nullement. Ici, comme dans la rue Krakusa, la question était de savoir : qu'est-ce qui pouvait bien mettre les SS dans l'embarras ? Qu'est-ce qui pouvait bien embarrasser Amon Goeth ?
Dans le climat émotionnel du ghetto, on s'accrochait à ce qu'on voulait croire.
Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c'était le bien absolu. C'était la vie. Au-delà de ces quelques feuillets bourrés de noms, il n'y avait plus qu'un trou noir.
Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c'était le bien absolu. C'était la vie.