Le christianisme est une machine à donner des remords, parce que c'est une machine à diminuer la souplesse et à réfréner la spontanéité des actions vitales.

À lire aussi de Jean-Luc Coatalem

La vie est un cadeau à saisir, Lucas, un cadeau décevant, certes, mais un cadeau quand même.
C'est un été sur la péninsule armoricaine, qu'importe qu'il pleuve, qu'il vente, les éclaircies sont généreuses, ils se baigneront dans la darse ou ils iront explorer pour la centième fois la grotte Absinthe qu'il faut forcer avec le flux pour rejoindre ses entrailles, un théâtre de reflets qui s'ouvre sur trente mètres de large, là aussi voilà un secret, le secret des falaises, il règne dans cette cavité une semi-obscurité, l'eau y est fraîche, les voix résonnent, les respirations font de la buée entre les parois, et alors que leurs jambes ne sont plus que des pointillés mobiles, ils ont la sensation d'être immergés dans l'instant même, pris dans le miel des photons et des reflets, autant dire l'éternité, l'éternité de Kergat...
La Corée du Nord serait un havre de liberté dans un monde envahi de chacals et de hyènes. Une flamme réconfortante dans l'obscurité.
C'est une Bretagne qui ne changera pas, un pays d'enfance, où il y aura toujours la flottille des bateaux, les cageots de maquereaux sur le môle, parfois un couple d'espadons et une fratrie de pieuvres emmêlées, la forêt des pins, ces criques qu'il faut atteindre en se laissant glisser par une corde, une baie où l'été lui-même vient se reposer, immuable, en même temps qu'eux, dans cette presqu'île qui est comme une île, et ces cinq-là sont à part sur la broderie des landes, presque intouchables, du moins le croient-ils jusqu'au début de la guerre, avant que ne viennent les heures acérées, les heures mauvaises, celles qui blessent et tuent. En attendant, ils clignent des yeux dans le soleil.
J'en ai retenu ce vers étincelant : « C'est aujourd'hui toujours. C'est ici partout ».
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Dans la même œuvre

Qui êtes-vous, Victor Segalen ? Et pourquoi, depuis si longtemps, m'avez-vous hanté ? Breton, certes. Brestois, aussi. Militaire, marin et poète.
Est-il plus noble pour une âme de souffrir les flèches et les coups de l'indigne fortune ou de prendre les armes contre une mer de troubles, et de leur faire front et d'y mettre fin? Mourir, dormir, rien de plus.
J'en ai retenu ce vers étincelant : « C'est aujourd'hui toujours. C'est ici partout ».
Comme le dira Jack London au spectacle des mers du Sud : « L'immensité, c'est moi ! »