C'est un été sur la péninsule armoricaine, qu'importe qu'il pleuve, qu'il vente, les éclaircies sont généreuses, ils se baigneront dans la darse ou ils iront explorer pour la centième fois la grotte Absinthe qu'il faut forcer avec le flux pour rejoindre ses entrailles, un théâtre de reflets qui s'ouvre sur trente mètres de large, là aussi voilà un secret, le secret des falaises, il règne dans cette cavité une semi-obscurité, l'eau y est fraîche, les voix résonnent, les respirations font de la buée entre les parois, et alors que leurs jambes ne sont plus que des pointillés mobiles, ils ont la sensation d'être immergés dans l'instant même, pris dans le miel des photons et des reflets, autant dire l'éternité, l'éternité de Kergat...
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J'en ai retenu ce vers étincelant : « C'est aujourd'hui toujours. C'est ici partout ».
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À lire aussi de Jean-Luc Coatalem
La vérité d'un homme peut être aussi sa souffrance. Mais même si elle était insoluble, insécable, jamais partagée, elle pesait sur moi par contrecoup.
À Kergat, le nom de Paol est inscrit sur la liste des victimes de la guerre dans la nef de l'église. Au cimetière, il est gravé en lettres dorées sur le caveau familial qui ne le contient pas. Dans les allées ratissées, ce cône de granit, posé au-dessus d'un vide, est notre amer.
Les officines, qui perdaient leur plâtre, entretenaient encore quelques employés maussades râlant sous des horaires striés de chiures de mouches.
Qui êtes-vous, Victor Segalen ? Et pourquoi, depuis si longtemps, m'avez-vous hanté ? Breton, certes. Brestois, aussi. Militaire, marin et poète.
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Qui êtes-vous, Victor Segalen ? Et pourquoi, depuis si longtemps, m'avez-vous hanté ? Breton, certes. Brestois, aussi. Militaire, marin et poète.
Est-il plus noble pour une âme de souffrir les flèches et les coups de l'indigne fortune ou de prendre les armes contre une mer de troubles, et de leur faire front et d'y mettre fin? Mourir, dormir, rien de plus.
Le christianisme est une machine à donner des remords, parce que c'est une machine à diminuer la souplesse et à réfréner la spontanéité des actions vitales.
Comme le dira Jack London au spectacle des mers du Sud : « L'immensité, c'est moi ! »