La sensation d'identité, je veux dire la sensation (l'illusion?) qu'on est identique à soi-même, qu'il existe un même soi qui était là hier et qui sera encore là demain, cette sensation se dilue. On peut affirmer que, de ce fait, la migration potentialise l'audace, mais aussi le désespoir.

À lire aussi de Tobie Nathan

On peut fabriquer le vent, mais le souffle de vie vient de l'intérieur.
La solitude d'un enfant – la vraie ! – lorsqu'il ne crie ni n'écoute, oui, c'est un appel de Dieu
Les migrants, vois-tu, venus d'un monde oublié, fondateur d'un monde à venir, vivent dans le temps du mythe. Le récit de leur vie a la puissance des légendes antiques
L'inquiétude que l'on éprouve pour les êtres chers a un côté stupide, non parce qu'elle est infondée (elle ne l'est pas toujours), mais parce qu'elle provoque une même inquiétude en retour
La fleur voit le soleil, puis se fane et meurt. Avant de partir, elle dépose ses graines sur le sol. Nous sommes les graines, ma mère, nous sommes les graines !
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Dans la même œuvre

Je suis certain aujourd'hui que la radicalité des jeunes gens que j'ai rencontrés résulte de la difficulté grandissante de nos sociétés à intégrer la différence – non pas celle du « semblable » dont on nous rabat les oreilles, mais de l'autre, vraiment autre, radicalement autre. Si nous persistons à partager un monde de « semblables », il faut nous attendre à ces conflits sans fin