Elle a le contact humain quand il est très privé. En masse, comme ici, mondain et solitaire, l'humain se rétrécit et ses dragons s'affolent.
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La salle est bondée. Chaque fois, dans ces circonstances, elle ne perçoit subitement plus rien, qu'un brouillamini de formes en mouvement, un gâchis de peintures renversées, des rayures de cravates, des touffes de cheveux, des fleurs de chemisiers, des taches de couleurs barbouillées, des têtes et des bras sans visages, des rires, des bruits humains incohérents
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Sans dire merci ni rien, la souris rousse lui tourne le dos, fonce dans cette direction, jouant de ses avant-bras comme de repoussoirs à monde, accrochant un coude, un bras, au passage. On dirait qu'elle se venge d'être si courte sur pattes. Isabelle la suit, profitant du passage qu'elle lui taille, se faisant l'effet d'une girafe aérienne précédée d'une gerboise galopante.
La passion amoureuse tire sa force fulgurante de l'énergie créatrice qu'elle nous insuffle.
Quand l'esprit galope, les mots restent à l'écurie. Sa devise. Un vieux truc qui lui avait évité plus d'une gaffe.
Jean-Louis Trouë ! L'intervieweur qui l'a mise en boîte : « D'après vous, dites-moi, les femmes pourraient-elles se passer des hommes ? » Elle a séché, baragouinant comme une poivrote : « Ça ne ferait pas, bien sûr, des enfants forts. » L'ineptie le fit s'éclater de rire sur les ondes, sans qu'elle sache s'il se moquait de sa trivialité ou s'il tentait de camoufler à son fidèle auditoire l'impudence avec laquelle elle venait de souligner au crayon gras la balourdise de sa question.
Dans la même œuvre
Ev te plairait. Une femme de contrastes. Du noir, du blanc, un peu de zones grises, une présence lumineuse, fluide et à la fois accrochante, comme la lumière dont tu sais jouer si merveilleusement dans tes photographies. Une femme vive, enjouée, un brin moqueuse, parfois ironique, plus souvent sensible et émouvante, une femme que la vie amuse et qui s'y jette à corps perdu, avec la profondeur d'une montagne assise, cramponnée au paysage, solide et certaine d'exister d'un soleil à l'autre. Une femme qui prend la vie à coeur, attentive et sereine, qui déborde d'énergie, qui bouillonne, heureuse d'être en vie
Quand l'esprit galope, les mots restent à l'écurie. Sa devise. Un vieux truc qui lui avait évité plus d'une gaffe. Son esprit ruminait sans arrêt, une panse fébrile qui mâchouillait la vie, trois fois plutôt qu'une. Ses sens toujours à l'affût taraudaient les gens, épinglaient des mimiques, déchiquetaient des regards, sondaient des intonations, s'acharnaient sur des petits riens anodins, décelaient de fausses notes, flairaient la moindre variation de température, sans qu'elle s'en rende compte, ses sens éventraient les gens, perçaient leur devanture et embrochaient une flopée de détails incongrus. Très tôt, elle avait appris à endiguer ce radar fiévreux qui posait trop de questions, devinait trop de secrets, disait trop de bêtises, importunait les grands. Valait mieux se taire. Et tant pis pour la spontanéité qui l'émerveillait chez les autres.
Quand l'esprit galope, les mots restent à l'écurie. Sa devise. Un vieux truc qui lui avait évité plus d'une gaffe.
Ses sens toujours à l'affût taraudaient les gens, épinglaient des mimiques, déchiquetaient des regards, sondaient des intonations, s'acharnaient sur des petits riens anodins, décelaient de fausses notes, flairaient la moindre variation de température, sans qu'elle s'en rende compte, ses sens éventraient les gens, perçaient leur devanture et embrochaient une flopée de détails incongrus.
Très tôt, elle avait appris à endiguer ce radar fiévreux qui posait trop de questions, devinait trop de secrets, disait trop de bêtises, importunait les grands. Valait mieux se taire. Et tant pis pour la spontanéité qui l'émerveillait chez les autres.