La rêverie de l'eau est sans doute celle qui convient le mieux à ma nature inconsistante car je n'ai jamais pu vraiment me saisir entre les doigts.

À lire aussi de Philippe Claudel

Toutes les familles possèdent, dit-on, d'épaisses strates de silence tendu, des souffrances engluées dans des secrets cachés bien au fond de belles armoires à linge.
Cet homme, c'était comme un miroir, il n'avait pas besoin de dire un seul mot. Et les miroirs ne peuvent que se briser.
Je revenais vers des lieux engourdis, des paysages qui me parlaient au coeur avec l'accent traînant des peines jamais guéries.
Ca, c'est la grande connerie des hommes, on se dit toujours qu'on a le temps, qu'on pourra faire cela le lendemain, trois jours plus tard, l'an prochain, deux heures après. Et puis tout meurt. On se retrouve à suivre des cercueils.
Même dans le vide, on a besoin de savoir qu'il y a d'autres hommes qui nous ressemblent.
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Dans la même œuvre

Faire son deuil, c'est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu'elle n'en sera aveuglée qu'un bref instant, mais cela fait du bien.
J'ai vu assez de tombes ouvertes et fait assez de trous pour en être certain. Creuser c'est apprendre à mourir.
Je suis enfin prêt. J'enfourche mon vélo. Je fonce. Le vent me renifle. J'ai 10 ans. Le présent est un cadeau somptueux.
Classe mixte au lycée, mais pour l'Education physique et sportive, les filles sont de leur côté et nous du nôtre. On ne mélange pas la dentelle au gros drap.
La mort décidément pense à tout. Elle sait vivre. Elle épouse le temps, change d'atours. Innove. On la comprend. Elle aussi doit s'ennuyer. Gagner à tous les coups ce n'est pas du jeu.