Dieu sait pourquoi l'opinion et les médias s'intéressent toujours en priorité à ceux qui crachent dans la soupe. Fort de cette logique, Bonjour paresse, qui crache dans la soupe de l'entreprise.
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La preuve que vos diplômes ne valent plus grand-chose? Quel que soit le papier qui vous sert de cache-misère, l'entreprise ne fait que tolérer votre présence.
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On travaille pour faire bouillir la marmite ! Si les gens aimaient vraiment cela, ils travailleraient gratuitement.
Il est vrai que bouger est l'impératif catégorique d'un capitalisme dont la finalité est de rendre l'inutile à la fois indispensable et frelaté, et ce le plus vite possible.
La définition de la stratégie d'entreprise est la suivante: on prend toutes les idées qu'on a déjà (c'est-à-dire n'importe quoi), on incorpore toutes les bonnes idées de la concurrence, et on touille.
La philosophe Hannah Arendt le disait déjà: le capitalisme engendre du superflu, et c'est d'abord nous qui sommes superflus!
Dans la même œuvre
Ne crois pas trop à ce que tu fais, ce serait inutile, voire antiproductif. Les individus qui prennent au sérieux les tâches qui leur sont confiées sont des empêcheurs de tourner en rond, voire des fanatiques, qui mettent en danger le système.
Pierre de Coubertin disait que l'important c'était de participer, mais l'important aujourd'hui c'est de participer le moins possible.
Prendre des notes en réunion n'est jamais inutile pour l'amateur de formules creuses et pipeautées.
Pourquoi tant de colifichets et de mots d'ordre? parce que l'entreprise, à l'instar de notre société tout entière, est menacée par des ferments de décomposition.
A sa manière, on peut croire que l'entreprise pratique ce que l'anthropologue Marcel Mauss appelait le potlatch, qui consiste, dans des peuplades primitives, à amasser des surplus et des richesses très grandes afin de les dépenser en pure perte.