J’entre dans l’automne de Saturne. Et sur la route où je pars, seule, mais avec mon père, seule, mais avec ceux que j’aime, seule, mais avec les mélancoliques, les amoureux, les endeuillés et les intranquilles, seule, mais cachée dans la foule des vivants et des morts, tout est perdu, tout va survivre, tout est perdu, tout est sauvé. Tout est perdu. Tout est splendide.
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La plupart des traumatismes d’un individu remontent à sa petite enfance. La clé de vos angoisses se trouve dans votre passé. C’est donc là qu’il vous faut chercher l’origine de vos malheurs.
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C’est impossible d'être à la hauteur de la fiction que l’on a de soi-même. Tout comme il est impossible d'être fidèle à la fiction que ceux qui nous aiment se font de nous.
De Saturne, astre immobile, froid, très éloigné du Soleil, on dit que c’est la planète de l’automne et de la mélancolie. Mais Saturne est peut-être aussi l’autre nom du lieu de l’écriture – le seul lieu où je puisse habiter. C’est seulement quand j’écris que rien ne fait obstacle à mes pas dans le silence de l’atone et que je peux tout à la fois perdre mon père, attendre, comme autrefois, qu’il revienne, et, enfin, le rejoindre. Et je ne connais pas de joie plus forte.
Nous avons tous une première image de notre enfance, comme si nos yeux s’étaient ouverts ce jour-là. Et ce que nous avons vu avant, nous ne le savons pas.
Il faut, dès l’enfance, l’absurde et merveilleux foisonnement de l’amour, amour du monde, amour de la vie, amour des parents, pour s’enfoncer, avec force et joie, dans l’épaisseur des jours.
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Les démons sont des désirs mauvais que vous ne pouvez admettre. Ce qui vous possède, ce n’est pas le diable, mais des désirs que vous diabolisez. Nous ne pouvons jamais être à cent pour cent dans la lumière. Nous avons tous notre part de ténèbres, qu’il nous faut accepter.
Je ne fais aucune différence entre les êtres. J’aime tout le monde d’un amour infini et d’égale manière et cet amour me comble. Je ne dois donc rien à personne.
Quand on a mal à un membre, il faut l’amputer. Pour éviter tout conflit et toute souffrance, coupez les ponts avec tous ceux qui ne vous correspondent plus.
On peut vivre sans être aimé, croyez-moi. Mais on ne peut pas vivre sans aimer. Le temps y remédiera. Pour vivre, vous pardonnerez.
Nous avons tous une première image de notre enfance, comme si nos yeux s’étaient ouverts ce jour-là. Et ce que nous avons vu avant, nous ne le savons pas.