La dernière à se lever de son lit, tout simplement, comme si la vie entière était contenue dans les pages des livres, comme s'il suffisait de rester là, à l'abri, à contempler la vie de loin.

À lire aussi de Delphine de Vigan

Quelques minutes plus tard, une femme entre dans la chambre pour lui proposer une collation. Un petit jus de pomme avec une petite paille et un petit gâteau emballé dans un petit sachet. Les mêmes qu'au centre de loisirs. Voilà donc ce qui t'attend des petits pas, des petits sommes, des petits goûters, des petites sorties, des petites visites. Une vie amoindrie, rétrécie, parfaitement réglée.
Il exécute les gestes, respecte les horaires et les itinéraires, il se regarde vivre, ni présent ni absent, ignorant ce qui lui échappe comme ce qui lui appartient.
Lui dire que certains soirs je n'ai pas envie de rentrer chez moi, à cause de toute cette tristesse qui colle aux murs.
Prenez un homme et une femme, touillez, pétrissez, couvrez, laisser reposer. Jetez l'excédent, jetez tout. Refermez le couvercle.
Les vieux sont comme les enfants, on ne peut rien leur cacher.
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Dans la même œuvre

L'écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser des questions et d'interroger la mémoire.
Ecrire sur sa famille est sans aucun doute le moyen le plus sur de se fâcher avec elle.
Lucile avait édifié les murs d'un territoire retiré qui n'appartenait qu'à elle, un territoire où le bruit et le regard des autres n'existaient pas.
L'écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d'interroger la mémoire.
Elle rêvait de devenir invisible : tout voir, tout entendre, tout apprendre, sans que rien de palpable ne signalât sa présence. Elle ne serait plus qu'une onde, un souffle, un parfum peut-être, rien qu'on pût toucher ou attraper.