L'univers de la drogue ressemble à une pyramide dont chaque étage grignoterait celui d'en dessous […], et ainsi de suite jusqu'au sommet – ou plutôt : aux sommets, car il existe de nombreuses pyramides de cames qui écrasent des milliers de gens de par le monde, et elles sont toutes fondées sur les principes de base du monopole :

À lire aussi de William S. Burroughs

Une de mes dernières volontés serait de jouer dans un film. Je crois que je pourrai jouer le rôle d'un agent de CIA, d'un savant fou ou celui d'un criminel de guerre. Ça me plairait vraiment…
Je me suis éveillé de la Maladie, à l'âge de quarante-cinq ans, sain d'esprit et relativement de corps, si j'excepte un foie affaibli et ce masque de chair d'emprunt que portent tous ceux qui ont survécu au Mal... La plupart des survivants ne se souviennent pas du délire dans tous ses détails. Il semble que j'aie enregistré mes impressions sur ce mal et son délire, mais je n'ai guère souvenir d' avoir rédigé les notes que l'on a publiées en langue anglaise sous le titre « Naked lunch » (Le festin nu). C'est Jack Kerouac qui m'a suggéré ce titre, et je n'en ai compris la signification que très récemment, après ma guérison. Il a exactement le sens de ses termes : le Festin Nu cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette.
La vérité est là quand tous les mots sont effacés. Les mots ont été faits pour mentir.
Dans une société où les gens ont plus ou moins ce qu'ils veulent sexuellement, il devient difficile de les motiver à acheter des réfrigérateurs et des voitures.
L'orgasme ne joue aucun rôle dans la vie du drogué. L'ennui, qui indique immanquablement une tension non soulagée, ne l'effleure jamais. Il peut contempler sa chaussure pendant huit heures d'horloge, et ne se remet en activité que lorsque le sablier de la came s'est vidé.
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Dans la même œuvre

Depuis plus d'un an, je n'avais pas pris de bain, ni changé de vêtement. Je ne me déshabillais plus sauf pour planter toutes les heures l'aiguille d'une seringue hypodermique dans ma chair grise et fibreuse.
Ton plan était irréalisable à l'époque et il est périmé aujourd'hui... Comme la machine volante de Léonard de Vinci...
Si l'on veut détruire la pyramide de la came, il faut commencer par la base, c'est-à-dire par le camé de la rue […]. Car le camé du trottoir […] est le seul facteur irremplaçable dans l'équation de la drogue.
Si on voit un de mes personnages flâner dans une rue de New York habillé en bourgeois pour le retrouver, à la phrase suivante, agenouillé sur le sable de Tombouctou en train de bavasser en petit nègre pour séduire un gamin aux yeux de gazelle, on peut en déduire que le type […] s'y est transporté de lui-même par les modes usuels de communication.
Un écrivain ne peut décrire qu'une seule chose : ce que ses sens perçoivent au moment où il écrit… Je ne suis qu'un appareil d'enregistrement… Je ne prétends imposer ni « histoire » ni « intrigue » ni « scénario » … […] Je ne cherche pas à distraire, je ne suis pas un amuseur public…