L'heure de vérité sonne pour certains, pour la majorité, une seule fois ; pour d'autres, elle ne cesse de sonner.

À lire aussi de Emil Cioran

«Après moi le déluge» est la devise inavouée de tout un chacun: si nous admettons que d'autres nous survivent, c'est avec l'espoir qu'ils en seront punis.
Faire le mal est un plaisir, non une joie. La joie, seule vraie victoire sur le monde, est pure dans son essence, elle est donc irréductible au plaisir, toujours suspect et en lui-même et dans ses manifestations.
Quelqu'un que nous plaçons très haut nous devient plus proche quand il accomplit un acte indigne de lui. Par-là, il nous dispense du calvaire de la vénération. Et c'est à partir de ce moment que nous éprouvons à son égard un véritable attachement.
Il répugnait aux vérités objectives, à la corvée de l'argumentation, aux raisonnements soutenus. Il n'aimait pas démontrer, il ne tenait à convaincre personne. Autrui est une invention de dialecticien.
Je rêve d'un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d'un saint blasé.
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Dans la même œuvre

On ne réfléchit que parce qu'on se dérobe à l'acte. Penser, c'est être en retrait.
Le seul service que nous pouvons demander aux autres, c'est de ne pas deviner à quel point nous sommes lamentables.
L'homme est un animal surmené.
Le secret de l'Histoire, c'est le refus du salut.
Je viens d'écrire une apologie de la haine. Mais au fond ce que j'entends par haine, c'est un mouvement de désespoir, c'est la noirceur du désespoir, état purement subjectif qui n'a rien à voir avec la volonté de nuire, avec l'acharnement contre autrui.