L'enfant, de jour en jour, avance dans la vie : - \r\nEt, comme les aiglons qui, cédant à l'envie - \r\nDe mesurer les cieux dans leur premier essor, - \r\nExercent près du nid leur aile faible encor, - \r\nDoucement soutenu sur ses mains chancelantes, - \r\nIl commence l'essai de ses forces naissantes. - \r\nSa mère est près de lui : c'est elle dont le bras - \r\nDans leur débile effort aide ses premiers pas ; - \r\nElle suit la lenteur de sa marche timide ; - \r\nElle fut sa nourrice, elle devient son guide. - \r\nElle devient son maître, au moment où sa voix - \r\nBégaie à peine un nom qu'il entendit cent fois : - \r\nMA MÈRE est le premier qu'elle l'enseigne à dire. - \r\nElle est son maître encor dès qu'il s'essaie à lire ; - \r\nElle épelle avec lui dans un court entretien, - \r\nEt redevient enfant pour instruire le sien.

À lire aussi de Gabriel Marie Legouvé

Le rire dans l'enfance est toujours près des larmes.
Dans les sons de sa voix ou propice ou funeste, - \r\nLes Celtes entendaient la volonté céleste, - \r\nEt, prêtant à la femme un pouvoir plus qu'humain, - \r\nConsacraient les objets qu'avait touchés sa main. - \r\nUn fanatisme aimable à leur âme enivrée - \r\nDisait : « La femme est dieu, puisqu'elle est adorée. »
Un fanatisme aimable à leur âme enivrée Disait : la femme est Dieu, puisqu'elle est adorée.
Contre un sexe paré de vertus et d'attraits, - \r\nDu carquois satirique ont épuisé les traits. - \r\nDe ces grands écrivains je marche loin encore ; - \r\nMais j'ose, défenseur d'un sexe que j'honore, - \r\nOpposant son empire à leur inimitié, - \r\nCélébrer des humains la plus belle moitié.
Quel obstacle opposer à ses progrès ? le commerce aimable des femmes. Elles polissent les manières ; elles donnent le sentiment des bienséances; elles sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût; elles sauront nous rendre les grâces, l'affabilité, qui étaient un de nos traits distinctifs, et recréer, pour ainsi dire, cette nation que tant de troubles, de forfaits et de malheurs, ont jetée hors de son caractère. Si les chefs de la terreur les avaient mieux appréciées , ils auraient versé moins de sang : l'homme qui les chérit est rarement un barbare.
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Les femmes polissent les manières ; elles donnent le sentiment des bienséances; elles sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût : l'homme qui les chérit est rarement un barbare.
Quel obstacle opposer à ses progrès ? le commerce aimable des femmes. Elles polissent les manières ; elles donnent le sentiment des bienséances; elles sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût; elles sauront nous rendre les grâces, l'affabilité, qui étaient un de nos traits distinctifs, et recréer, pour ainsi dire, cette nation que tant de troubles, de forfaits et de malheurs, ont jetée hors de son caractère. Si les chefs de la terreur les avaient mieux appréciées , ils auraient versé moins de sang : l'homme qui les chérit est rarement un barbare.
Le rire dans l'enfance est toujours près des larmes.
Il revoit sa compagne, et sa peine a cessé. - \r\nMinistre, languit-il dans son pouvoir suprême, - \r\nAu sein de son épouse il vient se fuir lui-même : - \r\nIl y vient oublier l'ennui, le noir soupçon, - \r\nQui mêlent aux grandeurs leur dévorant poison , - \r\nEt, distrait de l'orgueil par l'amour qui l'appelle, - \r\nDu poids de ses honneurs il respire auprès d'elle. - \r\nElle est, dans tous les temps, son soutien le plus doux.
Un fanatisme aimable à leur âme enivrée Disait : la femme est Dieu, puisqu'elle est adorée.