L'attente d'un corps peut durer aussi longtemps que le plus fol espoir. Comme mon corps qui attend le tien.

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Le fossé qui sépare pauvres et relativement riches devient abyssal. Les contraintes et les recommandations traditionnelles volent en éclats. Le consumérisme consume tout questionnement. Le passé devient obsolète. En conséquence, les gens perdent leur individualité, leur sens de l'identité, et donc cherchent et trouvent un ennemi de manière à se définir eux-mêmes. L'ennemi – quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique – on le trouve toujours parmi les pauvres. C'est là où le schéma circulaire est vicieux.
Aujourd'hui, ce qui caractérise la tyrannie, quel que soit le pays, c'est qu'elle est sans visage. Il n'y a ni Fürher, ni Staline, ni Cortés. Ses mécanismes varient selon les continents et l'histoire locale, mais son schéma général reste le même, un schéma circulaire.
Ici, en France, au fronton de chaque mairie, on lit les mots “ Liberté Égalité Fraternité ”. Ces mots d'ordre de la Révolution française ne sont plus respectés, et plus personne ne croit sérieusement qu'ils le sont. Mais il y a un résidu de ces idéaux éthiques chez les gens. On le voit à la manière dont ils réagissent à ce qui se passe dans le monde - quel que soit le sentiment d'impuissance qui les accable. Le fossé entre ces idéaux éthiques et la nouvelle pauvreté est si énorme, que je ne comprends pas pourquoi tous les écrivains ne s'emparent pas du sujet. Je ne comprends pas comment on peut éviter une réalité aussi écrasante.
Toutes les tyrannies impliquent des cruautés institutionnalisées. Comparer une tyrannie à une autre est alors inutile parce qu'à partir d'un certain point, les douleurs sont incomparables.
Le rire n'est pas une réaction mais une contribution.
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L'espoir et l'attente sont complètements différents l'un de l'autre. Au début, je pensais que c'était une question de durée, que l'espoir, c'est attendre quelque chose qui prenait plus de temps. J'avais tort. L'attente vient du corps, tandis que l'espoir vient de l'âme.