L'art est long et la vie courte.

À lire aussi de Marcel Proust

Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l’auteur finit, et nous voudrions qu’il nous donnât des réponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des désirs.
Jean se sentait si écrasé, si humble devant cet homme si noble, si laid devant cet homme si beau, si mal habillé devant cet homme si chic, si bredouillant devant cet homme disert, qu'il en éprouvait une sorte de honte.
On peut être illettré, faire des calembours stupides, et posséder un don particulier qu'aucune culture générale ne remplace, comme le don du grand stratège ou du grand clinicien.
Du moment que je sais ce qui cuit dans ma marmite, je ne m'occupe pas de celle des autres.
Avoir un corps, c'est la grande menace pour l'esprit.
Toutes les citations de Marcel Proust →

Dans la même œuvre

N'avais-je pas vu souvent en une nuit, en une minute d'une nuit, des temps bien lointains, relégués à ces distances énormes où nous ne pouvons presque plus rien distinguer des sentiments que nous y éprouvions, fondre à toute vitesse sur nous, nous aveuglant de leur clarté, comme s'ils avaient été des avions géants au lieu des pâles étoiles que nous croyions.
Si je m'étais toujours tant intéressé aux rêves que l'on a pendant le sommeil, n'est-ce pas parce que, compensant la durée par la puissance, ils nous aident à mieux comprendre ce qu'a de subjectif, par exemple, l'amour ?
On se résigne volontiers à abréger le martyre des malades quand ce qui est destiné à l'abréger nous profite à nous-même.
Les aéroplanes que j'avais vus quelques heures plus tôt faire comme des insectes des taches brunes sur le soir bleu, passaient maintenant dans la nuit qu'approfondissait encore l'extinction partielle des réverbères, comme de lumineux brûlots.
Une minute affranchie de l'ordre du temps a recréé en nous pour la sentir l'homme affranchi de l'ordre du temps.