L'actualité, c'est toujours la même chose : les mêmes vainqueurs, les mêmes vaincus. J'espère qu'un jour, les vaincus seront pour de bon les vainqueurs, mais j'espère qu'avant ça nous ne passions pas une époque encore plus réactionnaire qu'aujourd'hui.

À lire aussi de Georges Simenon

Je n'écris pas: il pleuvait à verse, j'écris: Maigret était trempé.
Je préfère être détesté pour ce que je suis plutôt que d'être aimé pour ce que je ne suis pas.
La liberté et la santé se ressemblent; on n'en connaît le prix que lorsqu'elles vous manquent.
Stève avait pensé qu'ils en avaient pour dix ans au moins avant de revoir une rue, un trottoir.
Alice était vraiment empotée, distraite en tout cas, avec un drôle de regard morne et absent qu'elle n'avait pas d'habitude.
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Dans la même œuvre

On demandait à Balzac : « Qu'est-ce qu'un personnage de roman ? » Il a répondu : « C'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même. Tous tant que nous sommes, nous n'allons jamais au bout de nous-mêmes. Nous avons peur de la prison ou de choquer nos semblables ; soit par sensiblerie, par bonne éducation, comme on dit, pour quantités d'autres raisons. »
Le roman consiste à créer un groupe social quelconque, cinq ou six personnes, peu importe, autour d'un personnage central, et il ne reste plus à l'auteur que se mettre dans la peau de ce personnage central.
J'ai toujours eu envie d'écrire des romans. Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cette espèce. Mais pour moi, c'était presque une recherche de moi-même. Ce que j'appelle la recherche de l'homme, c'est la recherche de moi-même puisque je ne suis qu'un homme comme les autres. En écrivant des romans, j'avais l'impression de me rapprocher de l'homme, d'entrer dans la peau des personnages.
Il y a des romans écrits par le subconscient, littéralement. On se met dans la peau d'un personnage, on ne sait pas du tout où il va nous mener. On le suit au jour le jour et ce n'est qu'au dernier chapitre qu'on sait ce qu'il lui arrive. Il doit aller jusqu'au bout de lui-même.
Créer des personnages, les porter à bras tendus, exige de se mettre dans la peau des autres. Le jour où j'ai compris que c'était devenu trop fatigant pour moi de me mettre encore dans la peau des autres, de créer encore des personnages, j'ai décidé d'arrêter. J'avais soixante-dix ans, c'était donc il y a un peu plus de deux ans. Et comme je voulais quand même faire quelque chose, je me suis mis à être mon propre personnage. Au lieu de chercher tout sur l'homme en étudiant les autres, essayer de le faire en m'étudiant moi-même.