Je viens de comprendre quelque chose, une chose capitale, une révélation si on veut. Je viens de comprendre que personne, jamais, ne me contraindra en rien.

À lire aussi de Christian Bobin

C'est (la mélancolie) la maladie de celui qui, dépité de n'être pas tout, choisit, par un revers enfantin de l'orgueil, de n'être rien, ne gardant du monde que ce qui lui ressemble: le morne et le pluvieux.
Assis pendant des heures dans le couloir de la maison de long séjour, ils attendent la mort et l'heure du repas. Ils aiment toucher les mains qu'on leur tend, les garder longtemps dans leurs mains à eux, et les serrer. Ce langage-là est sans défaut.
Même les plus beaux livres ne changent pas les gens, ils ne changent que leur auteur.
L'émerveillement n'est pas l'oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l'amer et le sombre : dans la brûlure d'une première fois, dans la fraîcheur d'une connaissance sans précédent.
Je pris le poème des mains de mon ami. Pour lire un roman, il faut deux ou trois heures. Pour lire un poème, il faut une vie.
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Dans la même œuvre

Tu sais ce que c'est la mélancolie? Tu as déjà vu une éclipse? Et bien, c'est ça: la lune qui se glisse devant le coeur, et le coeur qui ne donne plus sa lumière. La nuit en plein jour.
Il y a toujours quelque chose à voir, partout. Une feuille qui descend, une fourmi qui grimpe, un nuage qui se déchire.
L'amour réside dans les détails, nulle part ailleurs.
Je pense que le grand art est l'art des distances: trop près on brûle, trop loin on gèle, il faut apprendre à trouver le point exact et s'y tenir, on ne peut l'apprendre qu'à ses dépens comme tout ce qu'on apprend vraiment, il faut payer pour savoir.
Le bonheur, ce n'est pas une note séparée, c'est la joie que deux notes ont à rebondir l'une contre l'autre.