Je songe au jour où ces créatures pourraient surgir des flots pour y entraîner dans leurs griffes nauséabondes les restes d'une humanité chétive et épuisée par la guerre - au jour où les terres sombreront, et où le noir fond des océans remontera pour émerger dans un monde livré au chaos universel.

À lire aussi de Howard Phillips Lovecraft

Nul ne saurait décrire le monstre, aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l'ordre cosmique.
N'est point mort celui qui éternellement dort, et en d'étranges éternités, la Mort elle-même peut trépasser.
Il est remonté trop loin dans le passé, et le passé a fini par l'engloutir.
Dans sa demeure de R'lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant.
Il est difficile d'expliquer comment la seule vue d'un objet tangible, aux dimensions mesurables, a pu bouleverser à ce point un homme habitué au spectacle macabre des salles de dissection. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que certaines formes ou entités détiennent un pouvoir de suggestion qui fait entrevoir d'innommables réalités au-delà du monde illusoire où nous nous enfermons.
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Dans la même œuvre

C'est dans un état bien particulier que j'écris ces mots, puisque cette nuit je ne serai plus.
La fin est toute proche. J'entends un bruit à ma porte.
Que savons-nous, avait-il déclaré d'une voix pédante et fébrile, du monde, de l'univers qui nous entoure ? Les moyens que nous possédons pour recevoir des impressions sont ridiculement peu nombreux, et notre connaissance des objets qui nous environnent est infiniment restreinte. Nous ne voyons les choses que de notre point de vue, et nous n'avons aucune idée de leur vraie nature.
Avec cinq faibles sens, nous prétendons appréhender le cosmos complexe et sans limite, alors que d'autres êtres, qui possèdent un éventail de sens plus large, plus fort, ou différent, peuvent percevoir des univers entiers de matière, d'énergie et de vie, qui sont à portée de notre main, et qui ne peuvent pourtant jamais être détectés par nos organes sensitifs. J'ai toujours pensé que de tels mondes inaccessibles existent, près de nous.
Jamais je ne pourrai décrire telle que je la vis cette hideur innommable qui baignait dans le silence absolu d'une immensité nue. Il n'y a avait là rien à écouter, rien à voir, sauf un vaste territoire de vase. La peur que fit naître en moi ce paysage uniforme et muet m'oppressa tant que j'en eus la nausée.