Je regarde le monde à travers des lunettes merveilleuses que sont les langues, la langue française en particulier avec son ancienneté, avec ce qu'elle apporte de pensée collective depuis un millénaire.

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L'essentiel de mon activité, c'est de voir naître et prospérer les mots. Le Robert est pour moi ma signature.
A part le cercueil, je ne vois pas d'autre retraite. Je suis en alerte depuis que je suis gamin. Dès que j'étais confronté à un mot que je ne connaissais pas, j'avais envie de savoir !
Avec le tout-informatique, les personnes âgées ne peuvent plus échapper au langage des jeunes, ce n'est plus cloisonné comme avant.
Barthes a écrit: « La langue est fasciste. » Je lui avais dit que c’était une ineptie. En revanche, il est vrai qu’on peut se servir de la langue pour avoir un discours fasciste.
Selon moi, les mots sont des accumulateurs d’énergie. Chaque fois que l’on prononce un mot, on a affaire à une épaisseur. Derrière le sens actuel d’un terme, il y a une succession de sens qui ont évolué.
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