La mort est là. En nous. Elle contamine tout. Nous l'avons au fond du ventre et elle n'en sortira plus.
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Je me suis trompé. Aucune frontière n’est pas facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s’arracher la peau pour quitter son pays. Et qu’il n’y ait ni fils barbelés ni poste frontière n’y change rien.
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Je croyais le monde dévasté, mais Vous me murmurez à l'oreille que ce n'est pas fini et que les hommes n'ont pas encore payé. Qu'ils périssent, Seigneur, s'ils Vous ont offensés.
Je suis sauf. Je pars pour Paris. Et à chaque seconde, à chaque mot que je prononce, les tranchées s'éloignent de moi un peu plus. Mais d'ou me vient, alors, cette indéfinissable envie de pleurer ?
Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi... Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.
Il prend le temps de la regarder et ce regard n'est pas dur à soutenir comme tous ceux dont elle a l'habitude, ce regard est un abri qui l'enveloppe.
Dans la même œuvre
Ils étaient beaux de cette lumière que donne l'espoir au regard.
Il n'était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il est doux de n'être rien. Rien d'autre qu'un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l'Eldorado.
Les hommes ne sont beaux que des décisions qu'ils prennent.
Le voyage impose des épreuves et nous vieillissons à chacune d'entre elles.
Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi... Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.