Je me sens incapable de prendre un crayon pour dessiner tout cela, je ne suis plus sûr d'être venu pour apprendre à peindre. Peut-être apprendre à sentir, à voir, à vivre. Ce serait déjà beaucoup.

À lire aussi de Anne Percin

Écrire, c'est un peu dessiner avec des mots.
Ce qui rend une personne digne d'amour, ce n'est pas la somme de ce qu'elle a fait. Seule la justice s'intéresse aux actions: la morale, disait Schopenhauer, ne s'intéresse qu'aux intentions. L'amour aussi. On doit juger ceux qu'on aime sur leurs convictions, leurs ambitions, leurs désirs, leurs aspirations, les qualités qu'ils se prêtent, les défauts qu'ils se reconnaissent, les sentiments qu'ils n'avouent pas et dont il ne faudra jamais attendre de preuve. Et comme tout cela est inconnaissable, il est préférable de ne pas les juger du tout. Prendre les autres tels qu'ils se donnent. Les aimer pour ce qu'ils ne sont peut-être pas, mais qu'ils voudraient être. Les aimer sans preuve, parce qu'on a trop besoin d'eux. Les aimer dans l'absolu.
Je n’ai qu’un filet d’eau entre les mains qui m’échappe toujours. Telle est ma pénitence. Parce que je n’ai pas su y croire lorsqu’elles m’étaient faites, je suis à tout jamais privé de promesses...
Pourquoi la route vers l'art est-elle pour certains, comme un sentier bordé de fleurs qu'on suit toujours en montant et, pour d'autres, une longue chute dans un gouffre sans fond ? Tandis que certains marchent sereinement vers l'inconnu, d'autres ne font que tomber. Pourquoi ?
Le regard est une chose plus intime que ces parties qu'on veut cacher ; il est à la fois insatiable et pudique, vorace et délicat.
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Dans la même œuvre

La beauté est un voile que la nature a mis sur le monde pour nous le rendre tolérable.
Faire n'est pas important, je crois. L'important, c'est d'être, dans sa vie, dans son corps. Il faut habiter. Observer, respirer. Regarder. De là, peut-être un jour, produire quelque chose.
Je ne cherche pas à avancer dans la vie. Seulement à comprendre qui je suis, ce que je veux et où je vais, ce qui devrait être la tâche non seulement de tout artiste mais de tout homme, il me semble. Le reste n'est qu'arrangements.
C’est justement parce que la solitude est la meilleure alliée de l’artiste que l’amitié doit lui être si précieuse. Moi-même qui redoute tant le monde, je trouve que mes amis me font vivre davantage. Non pas plus longtemps, bien évidemment, mais plus largement. Ils donnent de l’épaisseur à la vie.
La souffrance physique n'est pas la mort de l'âme, elle est son combat. La tristesse, c'est la mort de l'âme.