Je crus pendant une seconde qu'elle était devenue folle, elle aussi. Et je hurlai de joie, semblable à un Indien qui se venge. Elle ne se troubla point. Elle était habituée à mon humeur fantasque. Elle me méprisait trop pour me craindre.

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J'ai si longtemps respiré l'air des forêts, l'air vibrant de neige, je me suis si souvent mêlée aux Blancheurs vastes et désertes, que mon âme est un peu l'âme des louves fuyantes.
Je tâchai de retrouver au fond de ma mémoire, plus épuisée qu'une coupe vide, quelques mots de prière... Et des pensées libidineuses vinrent me tourmenter, pareilles à de rouges diablotins.
Toute la poésie cachée qui était en moi s'est réveillée, dans la chaude lumière de ce radieux paysage, je sentais une émotion inconnue m'agiter, c'était le papillon de l'âme qui s'éveillait au fond de sa chrysalide et qui sentait palpiter ses ailes.
Pleurons avec la voix des femmes malheureuses - Sur la jeunesse morte et sur l'amour qui fuit - Malgré les bras tendus des tristes amoureuses.
Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde, - Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix, - L'harmonie et le songe et la douleur profonde - Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.
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Je suis l'être qui domine et qui protège. Je t'aime d'un amour impérieux et doux. Je t'aime comme un amant et comme une soeur.
J'ai si longtemps respiré l'air des forêts, l'air vibrant de neige, je me suis si souvent mêlée aux Blancheurs vastes et désertes, que mon âme est un peu l'âme des louves fuyantes.
Je tâchai de retrouver au fond de ma mémoire, plus épuisée qu'une coupe vide, quelques mots de prière... Et des pensées libidineuses vinrent me tourmenter, pareilles à de rouges diablotins.