Je crois dans le logos : le discours qui véhicule la pensée.

À lire aussi de Armand Gatti

Je suis, depuis l'enfance, fasciné par les arbres. Quand j'ai été arrêté dans le maquis, je portais un manuscrit où j'avais commencé à décrire le fantastique destin d'arbres partant à la conquête du ciel... Les gendarmes français qui nous ont pris en Corrèze ont, hélas, cru qu'il s'agissait d'un texte codé pour Londres ! Mes trois camarades et moi avons été condamnés à mort.
J'écris pour changer le passé.
J'ai toujours l'impression que je suis encore en train de sortir d'un camp... Longtemps, j'ai eu du mal à habiter un endroit fixe. J'étais un errant. Il me fallait juste un arbre, face à moi, pour que je puisse me poser et vivre.
Je suis aussi, je suis surtout quelqu'un qui doute. De tout. Sauf de mon amour pour les animaux et les hommes et les arbres.
J'aimerais pouvoir apprendre à nommer le monde.
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J'ai toujours l'impression que je suis encore en train de sortir d'un camp... Longtemps, j'ai eu du mal à habiter un endroit fixe. J'étais un errant. Il me fallait juste un arbre, face à moi, pour que je puisse me poser et vivre.
Je suis, depuis l'enfance, fasciné par les arbres. Quand j'ai été arrêté dans le maquis, je portais un manuscrit où j'avais commencé à décrire le fantastique destin d'arbres partant à la conquête du ciel... Les gendarmes français qui nous ont pris en Corrèze ont, hélas, cru qu'il s'agissait d'un texte codé pour Londres ! Mes trois camarades et moi avons été condamnés à mort.
Le soir, Ruben s'est approché : " Tu écris, toi, non ? Pourquoi donc écris-tu ? " Je me suis entendu lui répondre : " Pour changer le passé. " Je fais toujours la même chose, cinquante ans plus tard. Tant qu'on ne changera pas le passé, tant qu'on ne s'acharnera pas à le penser autrement, on ne pourra vivre le présent.
Tant qu'on ne changera pas le passé, tant qu'on ne s'acharnera pas à le penser autrement, on ne pourra vivre le présent.
J'ai toujours nargué mes bourreaux en leur déclamant des poèmes, de Nerval à Pierre Louÿs... Ils me prenaient pour un dingue, me bourraient de coups pour me faire taire, mais ne me tuaient pas. Parce que je ne me taisais jamais. J'étais devenu leur distraction, une sorte de phénomène.