Je continuerai à bénir cette vie où tu n'es plus, je continuerai à l'aimer, c'est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.

À lire aussi de Christian Bobin

Le néant et l'amour sont de la même race terrible. Notre âme est le lieu de leur empoignade indécise.
C'est curieux comme on est, avec les morts: d'abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
L'intelligence est la force, solitaire, d'extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi - vers l'autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.
N'importe quoi peut servir de Dieu quand Dieu manque.
Vous étiez comme un moineau sautillant dans mon coeur. J'apprenais le langage des grands arbres. Le moindre écart et vous vous envoliez jusqu'à ce ciel en vous, inaccessible.
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Dans la même œuvre

La parole et la mort sont comme deux personnes qui voudraient entrer dans une pièce en même temps et se gênent, demeurent bloquées sur le seuil…
Ce qui m'échappe dans ta mort m'échappait déjà de ton vivant. La mort ne change pas une vie en destin.
Le génie est composé d'amour, d'enfance et encore d'amour.
Avec le mariage, quelque chose finit pour les hommes. Pour les femmes, c'est l'inverse: quelque chose commence.
Je t'ai toujours su inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t'ai aimée dans ce savoir.