Ils ont volé les miséreux que nous sommes. Même les plus pauvres ont quelque chose à donner aux charognards.

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Il fallait être vif. Ne pas penser. Ne pas faiblir. Percer et tirer sans cesse. Je n'ai plus vu personne. Corps à corps pour la vie. J'étais une bête et je ne me souviens plus. J'étais une bête et je n'oublierai jamais.
La nature n'en peut plus de notre présence, de sentir qu'on la perce, la fouille et la salit sans cesse. Elle se tord et se contracte avec rage.
La mort est là. En nous. Elle contamine tout. Nous l'avons au fond du ventre et elle n'en sortira plus.
Qu'a-t-il, son enfant à elle, pour fuir ainsi les hommes et aimer le silence d'une ville qui se noie ? Qu'a-t-elle fait naître en lui de tordu, à force de doutes et de fatigue, pour qu'il contemple le monde avec un regard si circonspect ?
Il est là, revenu de son passé, revenu de l'autre bout de la ville, le corps fatigué, torse nu, il est là, l'homme qui lui manquait. Elle le sent maintenant : elle est bancale depuis six ans.
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Ils étaient beaux de cette lumière que donne l'espoir au regard.
Il n'était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il est doux de n'être rien. Rien d'autre qu'un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l'Eldorado.
Les hommes ne sont beaux que des décisions qu'ils prennent.
Le voyage impose des épreuves et nous vieillissons à chacune d'entre elles.
Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi... Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.