La lumière des braseros vacillait, répandait l'odeur de l'huile chaude et de la fumée.
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Il y a une sorte de Dieu qui habite chacun d'eux tour à tour, et qui les appelle à Lui, à l'heure qu'Il a choisie, pour les faire vivre en ce qu'ils n'ont jamais été jusqu'alors, des hommes morts.
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À lire aussi de J. M. G. Le Clézio
Le vent tourbillonne et m'enivre, et je sens le goût salé des embruns quand la vague couvre l'étrave.
Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient.
Les hommes qui ressemblent à la terre, les hommes qui sont pareils aux arbres, les hommes qui ont la peau couleur de terre, les femmes qui ont la peau couleur de maïs, ceux qui ne vivent que par le pain et l'eau ne sont jamais vaincus.
On ne peut s'aider de rien. Le doute règne partout. Rien, pas la moindre pensée qu'on puisse partager effectivement; c'est comme une lutte avec le miroir. Qu'est-ce que le miroir? Une plaque de verre couverte d'étain, et qui reflète avec fidélité. Mais fidélité à quoi ? A soi. A personne d'autre que soi. Jamais le reflet n'a été une certitude.
Dans la même œuvre
On croit toujours qu'il faut illustrer l'idée abstraite avec un exemple du dernier cru, un peu à la mode, ordurier si possible, et surtout - et surtout n'ayant aucun rapport avec la question.
Oui, Stuart Engstrand [...] Il n'est pas bien connu ici, et aux USA, on le considère un peu comme un type qui écrit pour le peuple, non ? Mais moi je trouve que c'est bon ; il écrit des trucs simples. Il raconte des histoires simples. Des types qui ont envie de belles filles, et qui se marient avec elles. Et comme elles sont belles, ça ne marche pas très bien. Mais les types sont des durs, pas comme ici. Alors ils finissent toujours par avoir raison.
Quand on a vu un noyé, une fois, à peine retiré de l'eau, encore couché sur la route, on n'a pas grand-chose à ajouter. Surtout quand on a compris pourquoi il y a des gens qui se noient, certains jours. Le reste ne compte pas. Qu'il pleuve ou qu'il fasse beau temps, que ce soit un enfant ou un homme, ou une femme nue avec un collier de diamants, etc., cela indiffère. C'est l'espèce de décor d'un drame permanent. Mais quand on n'a pas compris, par exemple. Quand on se laisse distraire par les détails qui semblent justifier l'événement, lui donner une réalité, mais qui n'en sont que la mise en scène ; alors, il y a beaucoup à dire. Ils s'arrêtent, descendent de leurs automobiles, et les voilà qui entrent en jeu. Au lieu de voir, ils composent. Ils se lamentent. Ils prennent parti pour l'un, ou pour l'autre. Ils élucubrent et écrivent des poèmes.
L'on est pris dans la stupeur des soirées d'enfance, comme dans de la glu ; et l'on se noie au milieu du brouillard, après quelque repas, en face d'une assiette décorée de houx, étrangement vide, où traînent encore des plaques de potage. Puis viendra le temps des berceaux, et l'on meurt étouffé dans les langes, suffoquant de petitesse et de rage.
C'était une femme jeune, avenante, mais tellement envahie par son uniforme d'infirmière qu'il était impossible de discerner son âge, ou si elle était vraiment jolie, ou vraiment quelconque.