Il y a environ une quarantaine d'années, je faisais une longue course à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.

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Il descendit, l'oreille au guet, imaginant déjà la campée des bûcherons: les haches pendues, la soupe de chou, les souples litières de feuilles.
Très peu de gens vivent dans le présent. Ils habitent le passé, le futur, ou les deux. Les coups, ils les reçoivent deux fois; Les joies, ils les émoussent à l'avance. ils vivent dans la crainte de malheurs que cette prévoyance démesure, dans l'attente de bonheurs que la distance épuise.
L'essentiel n'est pas de vivre, c'est d'avoir une raison de vivre.
Vingt ans. Depuis vingt ans j'ai vu se succéder ces moissons et les vendanges de la terre, la feuillaison des arbres, les moissons et les vendanges, les feuillaisons de mon corps.
Une petite prairie rousse, portant quelques noisetiers défeuillés et des touffes de buis.
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Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ?