M. Gerdy n'appartenait pas à cette race d'universitaires besogneux et chagrins qui apportent dans leur administration l'amertume d'une carrière ratée et les mœurs de serviteurs de pénitenciers. Il était sorti de l'École normale, de la grande, de celle de Paris. Il eut pu faire son chemin dans l'enseignement s'il ne s'était marié jeune à une femme de famille distinguée mais ruinée mais pour laquelle il avait dû faire des sacrifices.
❧
Il était pour une bonne république qui aurait les principes du Christ, le premier des républicains. D'un autre côté, toutes les convictions étaient respectables et devaient être respectées, et il comprenait que les légitimistes parlassent pour le Roy et les bonapartistes pour le neveu du Petit Caporal. Aristide ne voulait être mal avec personne : il voulait être reçu à l'École normale.
◆
À lire aussi de Jules Vallès
Il existe de par les chemins une race de gens qui, au lieu d'accepter une place que leur offrait le monde, ont voulu s'en faire une tout seuls, à coups d'audace ou de talent.
Les sabots des garçons de ferme battaient l'heure du dîner dans la cour.
Mon passé se colle à moi comme l'emplâtre d'une plaie.
Tous les bouts d'article qui me promettent un avenir glorieux ne valent pas une soupe. Et je suis habitué à la soupe maintenant !
Dans la même œuvre
Tu viens de passer trois ans à vivre comme un galérien – tu te prépares à en passer dix autres comme un mendiant.
Il croyait trop que la société était bien faite, il avait trop confiance dans les jurys, pour penser que son triomphe était une farce.
Professeur, marchandise de pacotille, serf en redingote, esclave à palmes, gradé que la débine dégrade, lettré que les ignorantins insultent.
M. Gerdy n'appartenait pas à cette race d'universitaires besogneux et chagrins qui apportent dans leur administration l'amertume d'une carrière ratée et les mœurs de serviteurs de pénitenciers. Il était sorti de l'École normale, de la grande, de celle de Paris. Il eut pu faire son chemin dans l'enseignement s'il ne s'était marié jeune à une femme de famille distinguée mais ruinée mais pour laquelle il avait dû faire des sacrifices.
Ses parents étaient de petits cultivateurs qui étaient parvenus, à force de fatigue et par des miracles de sagesse et d'économie, à avoir une petite maison – ils avaient aussi quelques milliers de francs chez le banquier de l'endroit, c'était tout – ils avaient, en continuant à travailler, réussi à tenir André au collège.