Etre intelligent, c'est être méfiant, même à l'égard de soi-même.
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Il n'est pas de sentences, de maximes, d'aphorismes, dont on ne puisse écrire la contre-partie.
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À lire aussi de Paul Léautaud
Il vous vient quelquefois un dégoût d'écrire en songeant à la quantité d'ânes par lesquels on risque d'être lu.
Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.
Le chagrin pour les morts est une niaiserie. Une illusion également. C'est sur nous-mêmes que nous pleurons, sur le vide ou la privation qu'ils nous laissent. Eux, ils sont morts, c'est-à-dire: ils ne sont plus rien. Pleurer sur eux ne rime à rien.
Comme c'est triste à regarder, les gens qui ont vieilli et qui se sont rangés intellectuellement. Comme les gens qui sont satisfaits, qui trouvent que tout est pour le mieux, qui n'ont plus aucune réaction devant rien. Cadavres vivants.
Dans la même œuvre
L'avantage d'être célibataire, c'est que, lorsqu'on se trouve devant une très jolie femme, on n'a pas à se chagriner d'en avoir une laide chez soi.
Avoir de l'esprit. Plaire aux femmes. Rien qui s'oppose davantage.
Il semble, pour un écrivain, que chaque page qu'il écrit doive être pour lui une nouvelle leçon dans l'art d'écrire.
La plupart des liaisons sont faites de «laissés pour compte» qui se rencontrent et trompent ensemble leurs regrets.
L'amour, c'est le physique. Et La Rochefoucauld l'a oublié: l'amour est encore une forme de l'intérêt. Ce qu'on aime dans un autre, c'est soi, c'est son plaisir, c'est le plaisir qu'on lui donne et qui est encore une forme du nôtre.