Il m'a fallu du temps pour me rendre à cette vérité qui faisait de moi le petit assassin, le meurtrier geignard d'une fleur à peine éclose qui n'a jamais connu la lumière des rêveries.

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Je ne crois pas que les rêves annoncent quoi que ce soit, comme certains le prétendent. Je pense simplement qu'ils adviennent au moment où il faut, qu'ils nous disent, dans le creux de la nuit, ce que nous n'osons peut-être pas nous avouer en plein jour.
Le temps ne comptait pas. Le temps, ça n'existait pas.
Vivre, continuer à vivre, c'est peut-être choisir une autre réalité lorsque celle que nous avons connue devient d'un poids insupportable?
Je me souviens d'avoir pensé que les yeux n'ont pas d'âge, et que l'on meurt avec ses yeux d'enfant, toujours, ses yeux qui un jour se sont ouverts sur le monde et ne l'ont plus lâché.
On dit toujours que la vie est injuste, mais la mort l'est encore davantage, le mourir en tout cas. Certains souffrent et d'autres passent comme dans un soupir. La justice n'est pas de ce monde mais elle n'est pas de l'autre non plus.
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Dans la même œuvre

Il avait une prédilection pour une anse profonde, ombragée de vieux saules têtards et où trois nappes de nénuphars donnaient à l'eau verte et lente un air de mariage.
Des poux, on en a plein, une mère, on en a qu'une !
Parfois de grands malheurs sont ramenés par nos semblables à des proportions raisonnables, et les autres ne nous aident jamais tant que lorsqu'ils dégonflent comme des vessies de poissons, nos forts élans de désespoir.
Toutes les familles possèdent, dit-on, d'épaisses strates de silence tendu, des souffrances engluées dans des secrets cachés bien au fond de belles armoires à linge.
Je revenais vers des lieux engourdis, des paysages qui me parlaient au coeur avec l'accent traînant des peines jamais guéries.