En réalité Brigitte trouve les nourrissons repoussants, en réalité elle aimerait briser leurs délicates phalanges, larder leurs pauvres petits orteils d'esquilles de bambous, et à la place de la chère tétine fourrer un chiffon crasseux dans la gueule du personnage principal qui vient d'arriver. Afin qu'il apprenne une bonne fois ce que crier veut dire.

À lire aussi de Elfriede Jelinek

L'amour ne siège plus dans le bas-ventre, mais uniquement dans la tête. dans le bas-ventre, tout est mort, insensible. Le bas-ventre s'épargne ainsi bien du tracas. Plutôt une cuisine flambant neuve que du plaisir dans le ventre. Le plaisir passe, la cuisine demeure.
La victoire se nomme fertilité. Avec mention spéciale pour la matrice et les ovaires.
La maman espère que le petit drôle finira par s'échapper de Paula, avant d'être formé et viable, suffit qu'elle se traîne un bon coup sur les genoux, qu'elle soulève de lourds baquets pleins d'eau de lessive sale et brûlante, qu'elle se crève le cul, la Paula. Mais non, rien ne s'évade, rien ne s'échappe, à part la sueur qui jaillit de tous les pores.
Chaque minute porte en elle la négation de siècles d'histoire boîteuse, brisée.
L'homme voudrait posséder toutes les femmes du monde, la femme uniquement l'homme qu'elle aime et à qui elle reste fidèle.
Toutes les citations de Elfriede Jelinek →

Dans la même œuvre

Quand quelqu'un est ainsi dévalorisé, les autres s'en trouvent un peu plus valorisés. Les voici tous, soudain, face à une non-personne, redevenus des personnes.
Beaucoup de gens entrent, intacts, dans le monde du travail, et en ressortent mauvais, endurcis. Brigitte ne veut pas s'endurcir mais se faire engrosser.
La victoire se nomme fertilité. Avec mention spéciale pour la matrice et les ovaires.
Ici le bonheur s'épanouit, ça se voit. Qui ne trouve pas le bonheur dans le paysage, trouve le bonheur dans les enfants et le mari. Qui ne trouve pas le bonheur dans le paysage, les enfants ou le mari, trouve le bonheur dans le travail.
L'amour passe, mais la VIE reste.