Elle se méfiait de l'État et de ses représentants. Elle était surtout rétive à une institution qui soustrayait ses fils à sa propre autorité et, plus grave encore, qui les éloignait d'elle. Le temps scolaire était son pire ennemi.
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Elle vomissait tout ce qui lui rappelait son enfance, corps enseignant compris. Souvenirs de piquets et de coups de règle où institutrices et marraine se concordaient. Elle haïssait ceux qu'elle surnommait les « tortionnaires diplômés », avait en horreur programmes, règlements, emplois du temps.
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Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la nourriture avariée. Des oeufs pourris. Des foules et de leurs préjugés, de leur haines, de leurs convoitises. De la maladie comme des moyens mobilisés pour la contrer. Du comprimé absorbé après une lecture attentive du dictionnaire Vidal. De l'asphyxie au gaz de ville. D'une noyade en mer. D'une avalanche en montagne. Des voitures. Des accidents. Des porteurs d'uniforme. De toute personne investie d'une autorité quelconque, donc d'un pouvoir de nuire. Des formulaires officiels. Des recours administratifs. De la petite comme de la grande histoire
Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire.
Je n'ai jamais été aussi libre et heureux que dans cette maison. J'aimerais pouvoir la décrire avec la précisions d'un entomologiste détaillant la vie d'une fourmilière, galerie après galerie, ce faisant, je passerais à côté de tout ce qui ne se voit pas à la loupe : l'incroyable appétit de vivre, les moments d'ivresse, d'euphorie même.
Les séquelles psychologiques des anciens combattants sont bien connues : extrême nervosité, repli sur soi, difficulté à communiquer, sentiment d'être incompris par son entourage, culpabilité du survivant, impression constante de danger, peur d'avoir peur.
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Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la nourriture avariée. Des oeufs pourris. Des foules et de leurs préjugés, de leur haines, de leurs convoitises. De la maladie comme des moyens mobilisés pour la contrer. Du comprimé absorbé après une lecture attentive du dictionnaire Vidal. De l'asphyxie au gaz de ville. D'une noyade en mer. D'une avalanche en montagne. Des voitures. Des accidents. Des porteurs d'uniforme. De toute personne investie d'une autorité quelconque, donc d'un pouvoir de nuire. Des formulaires officiels. Des recours administratifs. De la petite comme de la grande histoire
Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire.
Abandonner sa foi , donc ses frères , s'apparente à une trahison.
En jouant aux petits soldats, il affirme avoir beaucoup appris sur son travail. Sur l'ironie du minuscule, sur la capacité des menus objets à s'ériger en monuments, sur le faux qui permet d'accéder à une vérité plus profonde, sur les liens entre l'enfance et la mort.
L'enfermement favorise-t-il la créativité ? L'imaginaire se développe-t-il plus aisément dès lors qu'il n'est plus confronté au réel ?