Elle avait coutume de chanter au plein du soleil, sans manquer un jour. Les deux frères s'approchaient, à tant que leurs ombres devinssent un seul corps. Ils lui tenaient chacun une main ; le chanter courait à travers les trois. Elle regardait droit devant, craignant ou refusant de choisir à dextre ou senestre.

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Elle suivait avec angoisse la progression de la Sœur, entendait gronder dans son cœur le bruit de plus en plus proche des monnaies, baissait la tête avec humilité quand la main tendue exhaussant la bourse de velours passait à hauteur de son rang.
Nos lointains descendants soupçonneraient – ils que nous eussions échangé tout cela contre un quart de pain ? Qu'enfournant notre farine de manioc prise à pâte, nous rêvions des pains deux – têtes bourrés de beurre salé fondu à la chaleur et de saucisson gras suant son eau ? La farine de France saupoudrait nos rêves.
Les Américain entreprenaient de nettoyer le ciel au – dessus de Cap Canaveral, ils rejetaient sur la Caraïbe tous les détritus climatiques de l'espace.
La lune surgit d'un amas de nuages, le bois délavé par les pluies brilla comme une chair à vif. Où étais – tu, maman la lune ? Dans quelle misère te cachais – tu ? Dans quel bonheur ? Les deux errants éclairés de cette lumière du ciel entrèrent dans la case. La chaleur était à crier, d'un seul coup la sueur les inonda.
Ensuite, nous quittâmes la terre. On en prit une partie pour nous la distribuer mais les maîtres la rachetaient au fur et à mesure, pour presque rien.
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A force de dédain objectif, l'Anglais respecte les peuples qu'il a dominés. A force de «dépassement universel», le colonisateur français, chaque fois que les circonstances le lui auront permis, dégrade par assimilation le colonisé qu'il régente.
Elle traversait des bouffées d'absence, ses égarements.
Marie Celat, descendant ainsi avec Mathieu et papa Longoué ce chemin du désherbement, se sentait enlevée loin de la vie et des bords du jour, criait dans sa tête que tout n'avait aucun sens. Elle éprouvait ce trou au – delà duquel nul n'étendait sa pensée, où elle avait pourtant regardé.
Marie Celat baignait souvent dans ce champ sans limite, en sorte qu'il lui arrivait d'oublier ce que nous appelons le temps.
On conte qu'elle refusa de voir le corps de Donou, qu'elle balbutia quelque chose sur la surface des eaux, la surface des eaux profondes, et qu'elle tomba en léthargie.