Elle a le contact humain quand il est très privé. En masse, comme ici, mondain et solitaire, l'humain se rétrécit et ses dragons s'affolent. Son âme est à l'étroit et clignote dans le noir. Tous les sens aux abois, elle est court-circuitée, se sent vide et sans fond.

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La salle est bondée. Chaque fois, dans ces circonstances, elle ne perçoit subitement plus rien, qu'un brouillamini de formes en mouvement, un gâchis de peintures renversées, des rayures de cravates, des touffes de cheveux, des fleurs de chemisiers, des taches de couleurs barbouillées, des têtes et des bras sans visages, des rires, des bruits humains incohérents
Dans la joie de l'abandon, nous risquons d'aimer et d'être aimés, nous créons notre propre vie, au-delà de nos peurs muettes, au-delà de nos douleurs refoulées. Et l'enfant en nous, mal aimé et craintif, solitaire et désespérément affamé de reconnaissance, respire tout à coup, barbouille sa page blanche, invente sa vie à la mesure de son Soi le plus authentique.
On ne change pas son cheval borgne pour un aveugle !
Si je change un jour, tu t'ennuieras, c'est toi qui le dis. Si toi tu changes, tu me manqueras, tu es mon radeau, ma bouée, ma rive et je te remercie d'être toujours là.
La beauté se tait, longtemps et trop obstinément. Quand le diable galope, les chevaux mangent du foin.
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Ev te plairait. Une femme de contrastes. Du noir, du blanc, un peu de zones grises, une présence lumineuse, fluide et à la fois accrochante, comme la lumière dont tu sais jouer si merveilleusement dans tes photographies. Une femme vive, enjouée, un brin moqueuse, parfois ironique, plus souvent sensible et émouvante, une femme que la vie amuse et qui s'y jette à corps perdu, avec la profondeur d'une montagne assise, cramponnée au paysage, solide et certaine d'exister d'un soleil à l'autre. Une femme qui prend la vie à coeur, attentive et sereine, qui déborde d'énergie, qui bouillonne, heureuse d'être en vie
La salle est bondée. Chaque fois, dans ces circonstances, elle ne perçoit subitement plus rien, qu'un brouillamini de formes en mouvement, un gâchis de peintures renversées, des rayures de cravates, des touffes de cheveux, des fleurs de chemisiers, des taches de couleurs barbouillées, des têtes et des bras sans visages, des rires, des bruits humains incohérents
Quand l'esprit galope, les mots restent à l'écurie. Sa devise. Un vieux truc qui lui avait évité plus d'une gaffe. Son esprit ruminait sans arrêt, une panse fébrile qui mâchouillait la vie, trois fois plutôt qu'une. Ses sens toujours à l'affût taraudaient les gens, épinglaient des mimiques, déchiquetaient des regards, sondaient des intonations, s'acharnaient sur des petits riens anodins, décelaient de fausses notes, flairaient la moindre variation de température, sans qu'elle s'en rende compte, ses sens éventraient les gens, perçaient leur devanture et embrochaient une flopée de détails incongrus. Très tôt, elle avait appris à endiguer ce radar fiévreux qui posait trop de questions, devinait trop de secrets, disait trop de bêtises, importunait les grands. Valait mieux se taire. Et tant pis pour la spontanéité qui l'émerveillait chez les autres.
Quand l'esprit galope, les mots restent à l'écurie. Sa devise. Un vieux truc qui lui avait évité plus d'une gaffe.
Ses sens toujours à l'affût taraudaient les gens, épinglaient des mimiques, déchiquetaient des regards, sondaient des intonations, s'acharnaient sur des petits riens anodins, décelaient de fausses notes, flairaient la moindre variation de température, sans qu'elle s'en rende compte, ses sens éventraient les gens, perçaient leur devanture et embrochaient une flopée de détails incongrus.