Si les croyants pouvaient se préoccuper de la valeur rationnelle de leurs croyances, il n'y aurait bientôt plus de croyants.
❧
Edicter des lois violant les habitudes et les intérêts généraux, et ne pouvant donc être observées, c'est ébranler dans les âmes le respect des codes, ciment essentiel des grandes civilisations.
◆
À lire aussi de Gustave Le Bon
Lorsque, après avoir été un lien qui unit, les alliances deviennent une chaîne qui entrave, leur désagrégation est prochaine.
Si tous les phénomènes physiques, chimiques et biologiques dépassant notre compréhension devaient être qualifiés de surnaturels, il n'y aurait guère que du surnaturel dans le monde.
Les faits scientifiquement démontrés restent immuables mais leur explication varie avec les progrès de la connaissance. Les théories de Darwin et de Pasteur sont déjà dépassées. L'atome, jadis miracle de simplicité, est devenu miracle de complexité.
Nos vertus resteraient parfois bien incertainessi, à défaut de l'espoir d'une récompense, elles n'avaient la vanité pour soutien.
Dans la même œuvre
Aux époques agitées, les grands problèmes qui surgissent chaque jour ne comportent guère de solutions simples et immédiates. Suivre alors l'opinion simpliste des foules conduit vite à des catastrophes.
En politique, les conséquences d'un acte ont parfois plus d'importance que cet acte lui-même.
Une des plus fréquentes sources d'erreurs politiques est d'attribuer à des causes uniques des événements issus de causes nombreuses et compliquées.
Quelle que soit l'intelligence d'un homme d'Etat, en arrivant au pouvoir il cherche à suivre l'opinion mobile des foules pour se rendre populaire. C'est ainsi que, souvent, il perd le pouvoir.
La crainte des électeurs, la peur des responsabilités, la préoccupation exclusive de l'heure présente, constituent pour un homme politique moderne trois sources d'erreur auxquelles il lui est difficile d'échapper.