Dieu est le grand absent de la conversation. Pour obtenir sa credencial, le passeport du pèlerin, il faut remplir un questionnaire - et définir sa motivation en cochant une de ces quatre cases : religieuse, spirituelle, culturelle ou sportive. En Espagne, même les « sportifs » obtiennent ce carnet qui ouvre la porte des refuges ; toute personne en route vers Saint-Jacques est considérée comme un pèlerin. En France, c'est une autre paire de manches. Religieux et randonneurs de la culture se tirent souvent la bourre.

À lire aussi de Alix de Saint-André

Un poète a dit, madame, que l'enchantement n'était pas dans la nature, mais dans le regard émerveillé de celui qui la contemple...
La foi, c'est croire qu'il y aura un bar au prochain village, l'espérance qu'il sera ouvert, et la charité que tu m'y paieras un verre.
Les personnes qui vont à la messe en semaine sont des catholiques professionnels, des enfants d'Eve en exil, exsules filii Evae, et la Sainte Vierge demeure leur secret d'amour le mieux partagé.
Le pèlerin n'habite pas les paysages, il les traverse, et à moins qu'ils ne soient insistants sur des dizaines de kilomètres, comme les plateaux de Castille, il n'a pas le temps de s'en imprégner.
La santé est la vie dans le silence des organes.
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Dans la même œuvre

La foi, c'est croire qu'il y aura un bar au prochain village, l'espérance qu'il sera ouvert, et la charité que tu m'y paieras un verre.
« Tu as la montre, et moi j'ai le temps », avait dit un berger du Mali, il y a vingt ans, à un copain photographe qui me l'avait rapporté. C'était très juste.
Le chemin n'est pas fait pour aller vite d'un point A à un point B, il est fait pour se perdre, et perdre du temps. Ou prendre son temps, sil l'on veut. Retrouver un monde à taille humaine et ses humains habitants. Ses animaux et ses végétaux. Chaque nouvelle erreur est une nouvelle rencontre, chaque pas sur un sentier en creuse davantage l'existence sur la croûte terrestre, et l'on zigzague autour de la modernité à quatre kilomètres à l'heure.
Mon père est mort. Je ne m'imaginais pas que je pourrais un jour écrire une phrase aussi simple et aussi terrible que : « Mon père est mort.»
Le chemin accroche, envoûte, enchante… On n'a pas envie de retourner à Saint-Jacques, mais de retourner sur le chemin. On se retrouve dans un univers spécial, où les rapports entre les gens sont différents, où tout le monde marche à 4 km/h sur des sentiers parallèles à la vie normale, se tutoie, s'appelle par son prénom, parce qu'on appartient tous à la même classe sociale qui est « pèlerin ».