Une lueur froide et minérale décapait les contours des arêtes de pierre dure.
❧
De toute évidence, elle se croyait seule. Elle sortait de son bain et n’avait passé qu’un large pantalon de marin et une courte veste échancrée qui laissait ses bras nus. Elle tordait maintenant ses cheveux humides : au creux de ses bras bougeait une touffe brune et au creux de ses seins un pli sombre. Elle tenait ses épingles dans sa bouche serrée, qui baignait tout le visage tendu d’une soudaine onde d’enfance ; dans son innocence tendue et son application maniaque d’écolière, on eût dit que cette bouche abandonnée, si crûment à son affaire, tirait la mangue, vivait avec une intensité de fleur carnassière dans le seul geste aveugle de happer et de retenir.
◆
À lire aussi de Julien Gracq
Une femme qui a porté un enfant sait cela : qu’il peut arriver qu’on veuille – on ne sait qui, on ne sait vraiment pas qui – quelque chose à travers elle, et que c’est effrayant, et profondément reposant...
Quand il n'est pas songe, et, comme tel, parfaitement établi dans sa vérité, le roman est mensonge ...
Quand on ne peut plus soulever ce qu’on a fait, voilà le couvercle de la tombe.
Vous connaissez ces devinettes enfantines où une silhouette se dissimule dans les branches d'un arbre, les fissures d'un rocher, qu'on cherche à découvrir.
Dans la même œuvre
Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation.
Le texte certifiait le caractère pacifique du porteur et, en l'accréditant, priait expressément qu'on lui accordât les égards et le traitement officiel réservés aux parlementaires de guerre.
Un nouveau clivage social prenait vie sous son regard.
Une lueur froide et minérale décapait les contours des arêtes de pierre dure.
Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour faire tout bouger.