De quoi sont faits nos jours ? De la même eau que vos rêves, d’espoir à peine déçus.

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La Chine entière biberonne directement à la mamelle du brut. Son cœur bat. Les voitures giclent, les avions décollent, les usines fabriquent, les obus, les vêtements et les grues sortent des entrepôts. Le monde entier pompe le pétrole ramifié pour avancer, relâchant au passage des masses faramineuses de dioxyde de carbone, lequel s’élève dans l’atmosphère et vient s’agglomérer à l’épais ruban qui ceint la Terre. Le couvercle se referme.
Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Il faudrait pour rester jeune régénérer absolument tout : la peau, les muscles, les organes, les nerfs, les yeux, le cœur, les poumons, le cerveau. Autant mourir, non ?
Rêver ce n'est pas être libre, c'est une pause pour supporter.
Internet est à présent une poubelle, une succession d’usages parfaitement débiles, un enfermement des sens.
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Rêver ce n'est pas être libre, c'est une pause pour supporter.
Toujours, dans la vie, même dans les longues périodes d'euphorie où l'on danse plus qu'on ne marche, on trouve de ces petits temps de flottement, d'ennui léger, qui équilibrent la balance et font la joie à venir plus grande.
Le temps n'est plus oppressant, il accompagne les gestes. Il enlève bien, parfois, les amis chers et les amours, mais il le fait avec douceur, comme on ôte une chaussure. On ne peut, dès lors, lui en vouloir. Il est devenu un compagnon de route, taiseux, rassurant.
La vie ressemble dorénavant à une vaste course-poursuite, ça n'arrête plus, comme dans ces cauchemars fiévreux où l'on ne fait que galoper. Avant, je courais derrière, à présent je cours devant.