Confinement est sans doute le mot du jour, un peu long, à notre regret, mais qui incite ou invite à la réflexion.

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Le dictionnaire doit s'alimenter au réel.
L'essentiel de mon activité, c'est de voir naître et prospérer les mots. Le Robert est pour moi ma signature.
Je regarde le monde à travers des lunettes merveilleuses que sont les langues.
On n'est pas très heureux quand il y en a beaucoup. Mais ce n'est pas nous qui choisissons. C'est un enrichissement sauvage, on adopte parfois des anglicismes qui ne sont pas nécessaires et qui ont un équivalent en français. Mais, il y a des anglicismes depuis le Moyen Age. Et le français a plus enrichi la langue anglaise que l'inverse.
Nous observons que certains jeunes utilisent des termes issus de la bouche de leurs grands-parents. Ainsi, ils les réactualisent et empêchent la disparition de tout un vocabulaire. Je pense à la phrase admirable d’Amadou Hampâté Bâ: « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. » C’est très vrai. La langue se construit partout.
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Corona, contaminé, virus et viralité, ne parviendront pas à nous faire passer le goût du pain et du vin. Acceptons d’être « confinés », mais au sens que ce mot eut à la fin du Moyen Âge : « aller jusqu’aux confins ». Or, les confins de la langue française, c’est le monde.