Je veux me perdre avec l'intention de me retrouver.
❧
Chacun a ses fantômes. Plus ou moins gênants, plus ou moins envahissants, plus ou moins agréables à croiser. Je suis loin d'être le seul, chacun cache le sien qui finit par se trahir si on y regarde bien.
◆
À lire aussi de Anne Percin
Tout est liquide ce soir. Il pleut depuis plusieurs heures, le sol est si détrempé que la pluie fait un bruit mou en touchant la terre. Un bruit d'éponge pressée, un bruit de baiser qui dégoutte de salive.
Avec mon T-shirt noir à l'effigie d'Homer Simpson mangeant un donut, les cheveux emmêlés dressés sur ma tête comme un rasta, mes baskets pourries et mon bermuda de randonneur, on aurait dit un Playmobil fabriqué avec des pièces de rechange.
Je n'ai jamais douté que j'avais des racines, moi. Je ne les ai jamais arrachées. Tout juste ai-je tiré parfois sur certaines lianes qui me gênaient, qui m'empêchaient d'avancer.
Le respect, ça ne se mérite pas : ça se donne. Si on attend que les autres le méritent, on peut passer des siècles à leur marcher sur la gueule, en attendant.
Dans la même œuvre
J'ai d'ores et déjà compris une chose, c'est que l'art est un masque. C'est le masque qui rend acceptable, tolérable, visible, appréciable même peut-être, pour la société, une singularité qui normalement, vous condamne à en être rejeté.
Supporter d'entendre sa propre pensée demande un courage que je n'avais pas il y a encore quelques années. Je préférais me taire et m'oublier dans la musique.
Le bonheur, même quand il vous est donné d'un coup, il faut se retenir d'en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d'après. Car viennent ensuite des jours entiers, tout noirs.
Aimer, c'est sentir vivre en soi quelqu'un qui n'est pas soi.
Qu'on fasse cent mètres ou qu'on en fasse trois millions, partir c'est avancer, bouger, vivre. Je n'aime pas le voyage, j'aime le départ. Pas besoin d'exotisme. C'est le premier pas qui coûte. Partir, ce n'est pas mourir un peu. Partir, c'est vivre.