Cependant l'organisme humain a la vie tenace et il s'adapte de façon miraculeuse. Au cours de ce processus d'adaptation, il est parfois contraint de sacrifier plusieurs fonctions secondaires, comme la capacité de réfléchir, de ressentir des émotions, ou de percevoir quelque joie ou vertu dans le fait de vivre; cependant, il vit.

À lire aussi de James Agee

Une civilisation qui pour quelque raison que ce soit porte préjudice à une vie humaine, ou une civilisation qui ne peut exister qu'en portant préjudice à la vie humaine, ne mérite ni ce nom ni de perdurer. Et un être dont la vie se nourrit du préjudice imposé aux autres, et qui préfère que cela continue ainsi, n'est humain que par définition, ayant beaucoup plus en commun avec la punaise de lit, le ver solitaire, le cancer et les charognards des mers.
Mais puisqu'il en est ainsi, je ferai le peu qui est en mon pouvoir en écrivant. Seulement ce sera très peu. Les capacités me manquent et si je les avais, vous ne vous approcheriez pas du tout du résultat. Car vous ne pourriez guère continuer à vivre si vous vous en approchiez.
Une civilisation qui pour quelque raison que ce soit porte préjudice à une vie humaine, ou une civilisation qui ne peut exister qu'en portant préjudice à la vie humaine, ne mérite ni ce nom ni de perdurer.
Aucun Noir n'est responsable de l'immense fardeau de brutalité physique et spirituelle qu'il a supporté et continue de supporter.
Nous sommes les premiers à admettre qu'à considérer l'Amérique de long en large, les loisirs de son peuple semblent encore plus sinistres que son travail.
Toutes les citations de James Agee →

Dans la même œuvre

Nous sommes les premiers à admettre qu'à considérer l'Amérique de long en large, les loisirs de son peuple semblent encore plus sinistres que son travail.
Se trouver en présence d'une énigme absolue est chose rare, inattendue et saisissante ; et cela mérite toujours qu'on s'y attarde.
Une civilisation qui pour quelque raison que ce soit porte préjudice à une vie humaine, ou une civilisation qui ne peut exister qu'en portant préjudice à la vie humaine, ne mérite ni ce nom ni de perdurer. Et un être dont la vie se nourrit du préjudice imposé aux autres, et qui préfère que cela continue ainsi, n'est humain que par définition, ayant beaucoup plus en commun avec la punaise de lit, le ver solitaire, le cancer et les charognards des mers.
Le Noir fait partie du système du métayage de coton au même titre qu'il fait partie du système du labeur dans le Sud, c'est-à-dire qu'il est cet homme que le travailleur blanc naît en détestant et meurt en détestant. Et il est détesté parce que c'est un nègre ; détesté parce qu'on estime qu'aucune femme blanche laissée sans surveillance ne se trouve en sécurité à moins d'un kilomètre de lui ; détesté parce qu'il accepte de travailler pour une paie sur laquelle l'homme blanc cracherait et d'être traité d'une manière qui pousserait l'homme blanc au meurtre ; il est surtout détesté, bien sûr, par les blancs que les circonstances ont placés presque aussi bas sur l'échelle sociale que lui.
Aucun Noir n'est responsable de l'immense fardeau de brutalité physique et spirituelle qu'il a supporté et continue de supporter.